Bienvenue sur Azura, cet archipel contrôlé par un pouvoir invisible faisant abattre sa loi par ses traqueurs nocturnes et son armée glorieuse.
Le monde n'a que la limite du vent, il est à vous.
Les Pourpréens incontrôlables, le Cercle et leur gloire, mercenaires ambitieux, Chasseurs à l'affût, rebelles silencieux ou moines discrets.



 
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 La bière, la solitude et l'inconnue...

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Elvyra Mantel
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MessageSujet: La bière, la solitude et l'inconnue...   Dim 22 Mai 2011 - 10:00

    On m’a dit un jour qu’Azura était la plus belle ville du monde connu et que la misère y était presque absente, même au cœur de la Ville Basse, que les meilleurs guerriers s’y trouvaient et que, avec un peu de chance, on pouvait entrevoir l’un des membres de la Famille Royale. Certes, j’avoue que cette cité a du charme, beaucoup même, et que j’ai croisé moins de clochards que dans les autres villes et largement plus de soldats. Mais, cela ne m’empêche pas de crever la dalle et de ne pas avoir vue l’ombre d’une tête couronnée en l’espace d’une semaine passée ici ! En même temps, que voulez-vous que ces gens-là fassent dehors ? Vu la grandeur et toutes les richesses que leur palais pouvait contenir, ils n’ont aucune raison de venir se mêler à la populace. S’il y avait une chose que la vie m’avait appris, c’est de ne jamais se fier aux puissants de ce monde, quels qu’ils soient. Ca, c’était l’une des règles d’or d’une vie de vagabonde, surtout que j’étais persona non grata pour ces types. J’avais toujours vécue dans la rue, au milieu de la racaille, je volais, rackettais et ne cessais de troubler l’ordre public. Pour eux, j’étais une criminelle, rien de plus.

    Trêve de divagations sociaux-politiques, passons aux choses sérieuses. Si je me suis rendu ici, c’est pour enfin retrouver la trace de mes tortionnaires. Mes investigations ont commencées à porter leurs fruits, après des années de recherches, et j’ai enfin pu avoir un début de piste. Le clan qui m’avait agressé, kidnappé et torturé se nommait L’Ordre Noir et sévissait ici, à Azura et, d’après ce que j’avais appris, ils étaient nombreux et bien plus ordonnés et armés que n’importe quelle autre bande. Ils formeraient une petite armée à eux seuls si bien que je me demandais si Gaël et les miens auraient pu rivaliser avec eux. Certainement pas. Dès que j’aurais quelque temps libre, je retournerais près d’eux afin de les prévenir…

    En attendant, il me fallait manger un petit quelque chose, histoire de ne pas passer une nouvelle journée le ventre vide. Les quelques piécettes que j’avais réussis à dérobé à un jeune homme revenant de son travail me permettront de me payer un petit repas et une bière dans l’auberge du coin mais je savais déjà où j’allais me commander tout cela : La Taverne du Loup Blanc. D’après mes sources, l’Ordre y aurait posé ses bases et son commerce peu attirant : vente d’armes, de femmes et d’hommes ainsi que quelques meurtres achetés, tout cela derrière la belle façade d’une boutique en apparence tout ce qu’il y a de plus simple, même les clients avaient des têtes d’ouvriers débonnaires. J’époussetais ma veste en cuir et avançait dans la taverne, le contact rassurant de mon poignard contre ma cuisse me permettant d’ignorer les regards que me jetaient les personnes déjà attablés. Je demandais au serveur mon fameux repas et, une fois servie, commençais tranquillement à mastiquer ma viande qui, bien que peu ragoûtante, avait le mérite d’être nourrissante. Après avoir mangé, il me suffira d’écouter les conversations aux alentours afin d’en savoir plus sur ce fameux Ordre…
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Nynia Felfae
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MessageSujet: Re: La bière, la solitude et l'inconnue...   Dim 22 Mai 2011 - 15:41

21h00. Mon heure à moi, rien qu'à moi, une fois par mois. Dans un instant j'allais pouvoir être une autre, par forcément meilleure, pas forcément pire, juste une autre. Je ne savais toujours pas ce que cela pouvait bien m'apporter, mais j'avais juste cet irrésistible besoin. Comme d'autre ont besoin de tomber amoureux ou de ressentir une douleur vive pour se sentir vivre. Moi j'avais besoin de liberté. Etais-ce une maladie ? Une folie ?
Je n'en sais rien.
Saisissant une feuille de papier et une plume usée par les heures de cours, je jetais quelques mots qui me passaient dans la tête. Ces derniers temps, je faisais cela de plus en plus souvent, me débarassant de mes pensées en les posant par écrit. Certains écrvient pour se souvenir, moi c'est pour oublier.

"Et chaques moi(s),
Je me sens un peu moins moi(te),
Et un peu plus moi."


Je regardai un dernier instant mes pensées avant de les envoyer dans le feu. Puis me tournant vers l'immense miroir trônant au milieu de ma chambre démontrant mon narcissisme dégoulinant, je m'assurai que tout jouait.
Parfait.
Mes cheveux trop blond, trop brillant, trop royaux, étaient cachés dans une tresse grossière qui leur faisaient perdre toute leur beauté. Un peu de suie par-ci par-là, me salissait juste assez pour devenir une simple fille. Et de vieux habits acheter à un prix dérisoirement bas me collaient à la peau. Seule la dague sertie de rubis et cachée dans mon corset aurait pu me trahir. Mes yeux aussi peut-être, eux qui étaient d'un bleu trop... glacial. Mais qu'importe ? Ce n'étaient pas si extraordinaire que ça...

Je me glissai dans la nuit avec un plaisir sans fin. Immédiatement mes pieds prirent le contrôle, me faisant courir à travers les rues. Le vent venait se casser contre mon visage, mon coeur se frascassait contre ma poitrine. Ce que c'était bon de se sentir libre, terriblement bon. Un sentiment presque aussi grisant que celui du pouvoir. J'aurais voulu aller directement à la taverne, mais un contre-temps m'empêcha de m'y rendre directement. Un contre-temps que je ne raconterais pas ici, chaque chose en son temps... C'est une autre histoire que je conterais un autre jour... Puis j'arrivai à ma taverne. Aussitôt un sourire fleurit sur mon visage. Mon premier sourire de ce mois-ci. Je m'approchais du bar, saluant d'un geste de la main le pianiste et les quelques habitués que je connaissais bien.

- Un verre de vin s'il te plaît.
- Bien Princesse.

Les gens avaient hésité à continuer de m'appeler "Princesse" après la mort de Kyo. Après tout, c'était lui qui avait lancé le surnom avant de disparaître. Mais ne me connaissant aucun autre nom, ils n'avaient eu d'autres choix que de continuer. Ce qui ne me dérangeait pas d'ailleurs, car Kyo ne me manquait pas. Toutes ces nuits passées ensemble avaient été des nuits de bonheur et de rêves, mais je n'en gardais que les bon souvenirs. Je ne vois abslument aucune raison de pleurer la mort de quelqu'un.

- Tu nous chantes quelque chose Princesse ?

Je me retournai vers un habitué du coin, un gentil ivrogne déjà un peu saoul.

- Plus tard peut-être

Me tournant vers la salle, liquide rouge et épais calé au fond du verre dans ma main, je repérai tout de suite une femme d'à peu près mon âge. Je me demandai si c'était une voyageuse et si dans ce cas, elle aurait une histoire à me raconter. Les histoires des voyageurs étaient toujours passionnante pour moi. Ils partageaient leur monde avec moi et me faisaient rêver le temps de quelques instant. Avec un sourire bienveillant, je m'approchai d'elle, je n'avais rien à craindre ici, en cas d'agression je connaissais au moins dix gars prêt à me défendre. De toute façon je ne vois pas pourquoi quelqu'un aurait pu manifester de l'inimitié à mon égard, je n'avais absolument aucune mauvaise intention. Pas la nuit.

- Je peux m'asseoir ?

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Elvyra Mantel
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MessageSujet: Re: La bière, la solitude et l'inconnue...   Lun 23 Mai 2011 - 17:21

    Bon, honnêtement, mon steak avait un goût d’un caoutchouc ayant déjà parcouru plusieurs kilomètres et la bière était franchement dégueulasse mais, au moins, je n’allais pas mourir de faim et peut-être allais-je même réussir à obtenir des informations sur l’Ordre Noir. Je me rechignais donc à finir mon repas et ma boisson avant de déposer trois pièces d’argent sur la table pour le serveur – vraiment cher payé vu la qualité du dîner ! – afin de ne garder que ma chopine. A présent, il me fallait écouter attentivement chaque conversation que mon ouïe pouvait percevoir tout en me faisant oublier des autres clients. Certains avaient déjà consommé plusieurs verres et c’était une ambiance de véritable taverne qui commençait à s’installer : des types affalés sur leur table, le nez dans leur bouteille à moitié vide et des chansons paillardes qui s’élevaient d’un bout à l’autre de la salle. Les rares personnes à ne pas être éméchées étaient une petite bande au fond de la pièce, tout de noir vêtu et avec des airs inamicaux qui auraient filé la trousse au pire pirate de la côté ainsi que les serveurs et leur vigilant vigile. Je focalisais mon attention sur la troupe que j’avais remarqué en premier : ils parlaient bas et je ne parvenais pas à capter une seule de leur parole, pourtant, ils discutaient avec animation notamment l’un d’entre eux qui semblaient être le chef du groupe. C’était un homme d’une trentaine d’années, avec de longs cheveux noirs noués en catogan et une vilaine cicatrice courait le long de sa joue droite, les autres qui lui faisaient face étaient bien plus jeunes, des petites frappes qui recherchaient des sensations fortes. Visiblement, le vieux leur faisait un topo sur je ne savais quelle situation et ils buvaient littéralement ses paroles. J’eus une pensée nostalgique pour Gaël qui, comme ce balafré, m’avait soigneusement appris les ficelles du métier de bandit alors que je n’étais qu’une gamine de douze ans fraîchement virée de l’orphelinat où elle avait été placée depuis le meurtre de sa mère…

    - Qu’est-ce qu’elle a nous regarder comme ça celle-là ?

    Je mis quelques secondes à comprendre que la remarque incisive s’adressait à moi. Plongée dans mes pensées, je n’avais pas remarqué que les types que je reluquais depuis cinq bonnes minutes avaient capté ma présence me fusillaient à présent du regard. Je leur adressais mon plus charmant sourire avant de détourner la tête, histoire de ne pas finir la gueule en sang sur le trottoir. Du calme, Elvy’, ne va pas commencer à griller ta couverture alors que tu viens tout juste de débarquer, ce serait quand même affreusement con ! Je fis mine de me concentrer sur les nouveaux clients venus passer quelques bons temps ici, bien que cet endroit ne soit pas le plus fréquentable de la Ville Basse, loin de là. Parmi les arrivants, je remarquais une jeune fille, à peine plus jeune que moi et vêtue pauvrement, avec de la suie sur le faciès et les cheveux mal coiffés ramassés en une natte vulgaire digne d’une enfant de cinq ans qui viendrait juste de comprendre que ce qu’elle avait sur le crâne devait être peigné. Elle semblait être une habituée des lieux, les gens s’adressaient à elle avec gentillesse et la saluaient, elle répondait à ses signes de bienvenue puis se détournait. Plus elle avançait vers moi, plus je remarquais des détails dans son allure qui sonnaient faux : ses habits étaient ceux d’une souillon mais trop affichés pour être naturels, les traces sur son visage veillaient à enlaidir une peau à l’éclat de porcelaine sans en cacher le teint impeccable. Jamais une fille des rues ne pouvait se targuer d’avoir une telle allure, trop altière et noble pour être vraie, et le froid de ses yeux bleus n’avait jamais connu la véritable douleur, cette douleur que j’avais tant de fois croisée dans le regard des enfants du peuple. Comme moi. La belle se dirigeait vers moi, avec une démarche si fière qu’elle me fit penser à la mienne, le port royal en moins. Je ne comprenais pourquoi elle s’approchait ainsi de ma table avec ce sourire parfait et gentillet, alors que d’autres places étaient libres. Est-ce que j’avais une tête à attirer les gens, franchement ? Bon, OK, je suis plutôt mignonne et pas mal de garçons me tournent autour mais j’avais actuellement autre chose à faire que d’observer une gamine du coin.

    - Je peux m’asseoir ?

    Ah oui, visiblement, c’est bien moi qu’elle venait voir. Cette fille, que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, s’incrustait sans raison dans ma petite bulle tranquille. Je l’observais avec attention mais son visage ne me rappelait absolument rien et l’idée de l’envoyer paître m’effleura l’esprit… juste avant de me rendre compte que la plupart de ses copains me fixaient avec méfiance, histoire d’être sûrs que je n’allais pas causer du tort à leur « princesse ». Bravo ma vieille, non seulement tu manque de te mettre à dos toute une bande de casse-têtes avant de tomber sur la seule greluche à dix kilomètres à la ronde capable de te mettre à dos la moitié de la Ville Basse ! Si la médaille de la débilité existait, elle te serait sûrement attribuée, Elvyra Mantel.

    - Mais je t’en prie ,répondis-je en sortant mon sourire charmeur numéro deux tout en l’invitant à s’asseoir.
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Durn Lineam
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MessageSujet: Re: La bière, la solitude et l'inconnue...   Sam 28 Mai 2011 - 17:24

    Durn avait ce visage que le tenant du comptoir connaissait bien: celui de l'homme qui s'apprêtait à boire comme un trou pour oublier son malheur et qu'on retrouvait assez souvent pendu le lendemain.

    Les yeux cernés et rouges, le bras qui tremblotait, ce glaçon insensible devait être passé par quelque chose de monstrueux pour en être là.

    Il était arrivé à 15 heures, il n'avait, en fait, pas beaucoup bu...Mais le tenant, Jéa, n'avait cessé de l'écouter une seconde.

    ***


    -Sinon, comment vont tes affaires, l'ami ?


    Durn n'appréciait que modérément la proximité qu'Aino Nox mettait entre eux, ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps...


    Assis à la table de ce grand restaurant de la Haute ville, ils s'étaient régalés.


    -Tu peux constater que je m'affiche de plus en plus dans le luxe.


    -Au passage, tu pourrais m'avancer un peu mes consommations, je suis à sec et je me vois mal emprunter à ma sœur...


    Évidemment, un pourpréen sympathique, poli et tout ça...Mais il fallait vraiment que ce type soit totalement incapable de gérer ses finances ?

    Mais bon, Durn appréciait quand même la compagnie d'Aino. C'était un garçon fiable, naïf, presque ingénu...Mais c'était un des rares pourpréens qui se maîtrisaient très bien. Durn voulait apprendre de lui, sûrement...Et puis, ça lui faisait du baume au coeur de voir un homme à peu près heureux et sans histoire, qui n'avait pas besoin de se compliquer la vie.


    -Ça va, ça va...Mais il faudra un jour que je tienne le compte de tes dettes.


    -Qu'est-ce que j'y peux si la fortune te sourit à toi et pas à moi ?


    Durn manqua d'éclater de rire ! Il lui avait fallu trois semaines d'économies pour ce repas dans ce restaurant. Il s'était mis en tête que, s'il était vaguement aperçu par ce milieu avant d'y entrer, il pourrait s'y frayer une place.


    -Et puis, rajouta le jeune homme, ma soeur me tuerait si elle connaissait l'état de ma fortune. J'ai juste de quoi manger jusqu'à ma prochaine paie.


    -Contente-toi de ça, siffla Durn d'une voix sinistre, manger devrait te suffire. Ta soeur doit vraiment être un genre de dragon assoiffé de sang pour qu'elle te fasse peur à ce point.


    -Elle est horrible
    , plaisanta Aino.

    Il mentait, ça se voyait sur son regard. Sa soeur était sans doute une fille normale, il était simplement blessé dans son amour-propre qu'elle s'en tire mieux que lui.


    -En attendant, si tu arrêtais les vins de luxe et les décorations d'intérieur, tu en serais au même point que moi aujourd'hui.


    -Ne te moque pas de moi ! Cingla-t-il. Toi, je ne sais pas comment tu fais, mais tu as un don pour les finances.


    Durn repensa à ce qu'il avait traversé...Faire des confidences ? Et puis quoi encore !
    Après tout...


    -Quand je suis arrivé à Azura, je ne possédais que mes vêtements, des haillons vulgaires...J'ai juste su tirer mon épingle du jeu.


    Le regard d'Aino s'illumina: Durn Lineam lui faisait des confidences ! L'homme qui ne parlait jamais au passé était en train de parler du sien ! Il n'allait pas laisser passer une occasion pareille.


    -Comment tu as fait ?


    -L'esprit des poissons est facile à soumettre, il suffisait d'entrer dans un groupe de pêcheur, de faire affluer les thons dans les filets puis de s'arranger pour racheter le navire. Un mois. Après, j'ai juste eu à attendre l'enrichissement progressif, j'ai racheté des plantations au nord de l'archipel et vendu le navire de pêche. La suite n'est qu'une liste d'investissements.


    -Autrement dit, tu as triché. Tu ne fais rien.


    Durn fut déstabilisé...Il n'y connaissait rien en commerce.


    -Réfléchis, je fournis l'argent nécessaire à la paye des employés ! C'est vrai que ça me coûte beaucoup moins que ce que je gagne mais mon argent rend nécessaire une culture de...Je crois qu'il s'agit de fraises ou d'oliviers.

    Ils éclatèrent tous deux de rire. Il ne savait même pas ce qu'on cultivait pour lui.


    -N'empêche, je suis sur le point de faire construire une écurie de luxe pour les nobles et les petits riches de ces îles. Je ne te donne pas cinq ans avant que le propriétaire d'un des chevaux qui y seront logés ne devienne officier au Cercle.


    Il appela le serveur, paya en pièces d'or et partit.
    Aino, sur le chemin du retour, ne put s'empêcher de faire une remarque.


    -Tu es peut-être doué pour le fond, mais les apparences te trahissent.


    -Quoi encore ?


    -Tu as payé avec des pièces d'or, c'était quand même plutôt compliqué de trouver la bonne somme...Dans ces milieux, ils signent un papier permettant au patron de l'établissement de passer prendre la somme chez eux avec l'aide des domestiques.


    -Que veux-tu ? Je vis encore dans un coin de la ville basse, et mon logis est des plus modestes.


    -N'empêche, tu pourrais...


    Il ne l'écoutait plus.
    C'était
    cette rue

    -Où vas-tu ? C'est le coin des prostituées ! Si tu comptes y aller, ce sera sans moi ! Ce genre de pratiques ne m'ont jamais...


    -Tais-toi, je cherche juste...


    Elle n'était pas là, pas dans son coin habituel...Depuis combien de temps n'était-elle plus là ?


    -Qu'est-ce que tu fais?


    Durn était debout, à regarder fixement l'impasse dans laquelle elle avait l'habitude d'attendre.


    -Il y a quelqu'un que j'ai connu qui...Oh, ça va.


    -Toi, déclara le jeune homme espiègle, tu étais amoureux d'une prostituée !


    -Un mot de plus et je te tue.


    Aino poussa un soupir...Durn n'avait décidément aucun humour. De tous les pourpréens rendus misanthrope par leur don, Durn était l'un des pires. Aino n'aimait pas ce don, il le considérait comme un genre de malédiction quand il savait que les chasseurs étaient obligés de tuer les fous.

    Ils s'assirent au soleil dans un parc, en attendant la fin de la journée.


    -Si on m'avait dit que je passerais une journée entière avec toi...


    -Savoure le paysage et arrête ta pollution sonore.


    Durn repensa à tout ceci...Est-ce qu'il avait dénigré le côté social au point de ne pas être capable de discuter plus de cinq minutes ? Il avait été obsédé par sa quête d'argent et voilà...Vraiment irrécupérable.


    -Durn, tu crois que les gens détestent vraiment les Pourpréens ?


    -Je n'en ai aucune idée...Je sais juste que les pourpréens ont déjà du mal à s'apprécier entre eux.


    -Pourquoi ? Ceux du Loup blanc sont tous très...


    -Réfléchis...Ils se méfient les uns des autres parce qu'ils se demandent si un chasseur viendra prendre leur ami, s'il ne fera pas une erreur de jugement en les tuant avec...


    -Je crois vraiment que les chasseurs ne sont pas dangereux.


    -Moi, je crois que nous sommes dangereux.


    Aino manqua de régurgiter son déjeuner hors-de-prix.


    -Mon don s'est révélé brutalement, je n'ai des souvenirs que très fragmentaires...On m'a retrouvé en train de rire aux éclats en enlaçant la dépouille d'un sanglier que j'avais égorgé à coup de dents. J'étais surement là depuis plusieurs heures. J'ai rit comme un dément pendant cinq jours avant qu'on décide de me détacher et en ce moment, je lutte pour empêcher ma jambe de se transformer...Et ça fait mal.


    -Tu ne vas pas devenir...


    -Non, je n'ai pas de crises de folies, je conserve mon état mental...Mon corps, lui, ne réponds plus.
    C'est juste une période d'activité. Ca arrive parfois...


    Aino n'en demanda pas plus. Ils quittèrent le parc.


    -Durn, tu sens ce que je sens?


    Une odeur horrible marquait l'atmosphère. La rue qu'ils prenaient était empuantie et...
    Deux membres du Cercle emportaient un corps.
    C'était elle.

    Tabassée à mort, le crâne défoncé à coup de pieds.


    -Aino, rentre chez toi...Je vais à la taverne du Loup blanc...A demain.


    ***

    Jéa n'en croyait pas ses oreilles...Durn avait donc des semblants de sentiments humains.


    -Le pire, c'est que je ne me souviens même pas de son nom...Je me fous de sa mort et c'est ça le problème. Elle a déjà disparu. Je ne peux pas y croire...Personne pour pleurer sur sa dépouille, même moi, son meilleur client, je l'oublie comme ça...Ça me terrifie. Disparaître, comme ça, c'est...injuste.


    Il avait entendu des milliers de type s'étendre sur leurs malheurs comme ça, mais là...C'était
    profond.

    Il était 18 heures, il avait encore le temps de s'occuper des problèmes plus importants.
    Il y avait ces types qui s'étaient installés dans le bar, des trafiquants, une petite bande de fauteurs de troubles dangereux.

    Et sa taverne devenait leur repère. Ils étaient discrets, d'accord...Mais hors de question que le Loup Blanc devienne ce genre de coin mal-famé et de repère à bandit.
    Il aurait besoin d'appeler le Cercle ou les Chasseurs mais il lui fallait des preuves. Un chasseur était déjà entré l'autre jour pour lui parler des pourpréens qui fréquentaient l'endroit. S'il ne voulait pas voir son comptoir fermé, il devait se débarrasser de ces bandes sans que le Loup Blanc y soit mêlé.


    -Durn, j'ai besoin de toi.


    Il était de nouveau dans son état normal, tant mieux.


    -Dans une petite heure, un de ces groupes de trafiquants va entrer ici. Ils se comportent normalement mais je me méfie. Ils vont nous attirer de sacrés ennuis. Et je ne veux pas que le Loup blanc soit là-dedans si le Cercle ou les Chasseurs font le ménage...Il faut qu'on en sache plus.


    -Tu veux donc que je sorte d'ici, que je me transforme et que je les espionne; puis que je les suive une fois sorti afin d'avoir des informations précises sur leurs activités que nous pourrons par la suite dénoncer aux chasseurs.


    -Perspicace.


    Durn était intelligent...Et puis, qui se méfierait d'un chien errant qui les suivrait ?


    -J'ai besoin de me changer les idées, j'accepte. Dans cinq minutes, je sors d'ici, envoie un de tes garçons récupérer les vêtements que j'aurai laissé dehors. Je reviendrais vers minuit.


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MessageSujet: Re: La bière, la solitude et l'inconnue...   Dim 29 Mai 2011 - 8:14

- Mais je t’en prie.

J'ai bien vu que ma présence la gênait un peu et je pense que si elle accepta ma compagnie, c'est uniquement à cause de mes relations au sein du Loup Blanc. Il ne faut pas non plus penser que je ne vois pas ces choses là. Je ne suis pas cruche tout de même, même en dehors de mon Palais...
Mais je continuai à lui sourire. En fait, je sourais toujours à l'extérieur, parce que j'avais l'espoir irréalisable que les gens oublieraient le froid de mes yeux si je souriais assez. Qu'il se focaliseraient sur ma bouche plutôt que plus haut...

Mes yeux... je ne les changerais pour rien au Monde. Pas de jour du moins, car ils sont si précieux pour affronter les décisions politiques, pour ordonner aux plus faibles... Les yeux sont les reflets de l'âme et mon âme est froide, glaciale. Tout mon être intérieur est gelé.
Sauf une nuit par mois.
Là, dans ces moments là, je donnerais n'importe quoi pour faire perdre à mes yeux cette lueur si froide qui les anime. Si noble aussi, je m'en rends bien compte.

Ma compagnie ne plaisait pas à cette fille. Tant pis, on ne peut pas aimer tout le Monde...

Mon regard s'attarda sur son apparence... Elle était plutôt jolie, mais d'une beauté sauvage. Sauvage sans doute à cause des cicatrices que je pouvais apercevoir ou avec ses sourcils qui mettaient en avant un regard qui me rappelait étrangement les feuilles en train de tomber... Elle avait l'automne dans les yeux et moi l'hiver.
Ses cheveux étaient blonds, comme les miens, mais d'un blond plus pâle, moins royale. Normal, ce n'était pas elle qui avait grandit dans un Palais... Elle avait l'air indéniablement plus... fille du peuple que moi, et d'un certain côté, je l'enviais.
Puis je remarquai sa minceur cadavérique, son teint bien loin de la perfection du mien et ses mains usées par le vécut... Cette femme ne devait pas avoir beaucoup de pouvoir et certainement pas autant que moi... En fait son statut commençait peu à peu à me dégoûter. Une fois par mois, j'aime me retrouver dans mon peuple. Mais pas plus. Je préfère les pouvoir.

Je détacha mon regard de sa silhouette afin de jeter un coup d'oeil à ses consommations. Elle n'avait rien manger ou alors on lui avait déjà retiré son plat... Il y avait aussi sur la table une chope de bière un peu trop jaunâtre pour avoir l'air bonne.

- Le tavernier coupe sa bière avec de l'eau pour en avoir plus. Ca doit être dégueulasse.

Je souriai, pas d'un sourire moqueur, mais plutôt penseur. Jia, le tavernier, ne donnait sa bière coupée qu'aux gens en qui il n'avait pas confiance ou qu'il n'aimait pas du tout. Ceux qui avaient l'air de faire des choses pas très honnête ou bien les ivrognes qui de toute façon avaient déjà trop d'alcool dans le sang -il lui était déjà même arrivé de leur donner de l'eau, mais eux n'avaient rien remarqué du tout tellement ils étaient saouls. Du coup je me demandais ce qui ne lui avait pas inspiré confiance en cette fille... Peut-être avait-il eu peur qu'elle ne paye pas après, ou bien avait-il vu une lueur maligne dans son regard ? Généralement Jia avait l'oeil pour ces choses là, il aurait mieux valu que je me méfie.
Mais la méfiance c'est perdre la nuit pour retourner au jour.

- Alors, que viens-tu faire de beau à Azura ?

Je commençais toujours comme ça. C'était plus un test qu'autre chose. Ceux qui répondaient directement, sans détourner la question ou quoi que ça soit d'autre, avec eux, je pouvais enchaîner directement d'autres questions sur leur voyage. Ceux qui refusaient de répondre ou hésitaient, m'obligeaient à faire d'autre détours, à être plus subtile pour qu'enfin leur langue se délie et que je puisse entendre leur voyage fantastique.
Et sur leur mot, je voyageais aussi.

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MessageSujet: Re: La bière, la solitude et l'inconnue...   Dim 29 Mai 2011 - 9:53

    La fille s’assit sur la chaise face à moi, me gratifiant toujours de son sourire parfait. Trop parfait. Mais le plus anormal était son regard, ce regard qui me détaillait avec attention tout comme moi je l’avais fait plus tôt avec elle. Même l’hiver le plus glacial d’Airlea ne pouvait être aussi froid. Des pics de glace à la place des yeux, même la neige ne pouvait survivre, elle devenait une brise qui mutilait quiconque croisait le regard de cette étrangère. Il n’y avait pas la moindre lumière ni la moindre chaleur, je ne lisais que suffisance et force, je devinais le caractère hautain et méprisant, l’attitude fière et noble. Une telle personnalité ne pouvait avoir grandie dans les bas-fonds d’Azura et j’étais prête à mettre ma main à couper que cette gamine n’était absolument pas ce qu’elle prétendait être. Ce teint de porcelaine, ce visage si bien dessiné, ce port orgueilleux… non, plus je la regardais, plus je me rendais compte du monde qui me séparais de cette inconnue. Je lus dans ses yeux de glace un semblant de dégoût lorsqu’elle se mît à m’observer avec attention. Tu pouvais être écœurée, petite garce, oh oui tu pouvais. Moi, j’étais une véritable enfant des rues, pas une misérable qui ne se rendait même pas compte à quel point sa beauté trop soutenue jurait avec la misère des gens de cette taverne. C’est ça ! Regarde mon corps amaigrit par la faim, les cicatrices sur mes bras, ma cascade de cheveux pâles, mes yeux d’automne où le vert et le brun se bataillent sans cesse, mon visage aux traits trop tendres et mes mains usées par les vols, les combats et les meurtres. Ne vois-tu pas que je suis une véritable fille du peuple, moi ? Ne devine-tu pas que j’ai passée mon existence à parcourir les ruelles, à survivre ? Toi tu es bien trop somptueuse dans ce décor « Princesse » ! Tu mange à ta faim et de tout, cela se voit, tu dors convenablement et dans un lit moelleux. Ton échine n’est pas courbée par le poids des travaux, tes doigts n’ont jamais tenus autre chose que des bijoux et ta peau n’a jamais été souillée par la suie ou la poussière, alors que viens-tu faire ici ? Me ridiculiser ?

    Je bus une nouvelle gorgée de cette bière pisseuse, histoire de me détendre quelque peu. Il ne fallait pas que je me focalise sur cette étrangère ou je risquais de perdre mes moyens. Je devais me concentrer sur mon principal objectif : en savoir plus sur L’Ordre Noir et si possible sortir de cet endroit sans histoires. Je ne doutais pas que les quelques protecteurs de la demoiselle étaient capables de me chercher des crosses pour venger quelques affronts que je pourrais faire à la belle et même si je cours vote, je doute peu pouvoir échapper à toute une bande de malfrats qui, au vu de leur dégaine, n’en seraient pas à leur premier homicide. Je jetais un coup d’œil dans la large pièce et aperçus un nouveau venu attablé au comptoir et qui semblait en grande discussion avec le barman. Vêtu de cuir, il semblait différent – et là je parle au sens le plus profond du terme – des autres clients, si bien que je ne pus réprimer un frisson de mauvais augure me parcourir l’échine. J’ignorais complètement qui était cet étranger mais il me suffisait d’observer sa silhouette pour me rendre compte que ce mec n’était pas réellement humain. Peut-être que…

    - Le tavernier coupe sa bière avec de l'eau pour en avoir plus. Ca doit être dégueulasse.

    Je reportais mon attention sur ma vis-à-vis qui ne s’était pas départit de son petit sourire. J’ignorais si elle se moquait de moi mais je comprenais à présent mieux le goût insipide de ma boisson et le rictus goguenard du serveur lorsqu’il avait déposé ma chopine sur la table. Une astuce de tavernier. Trafiquer ainsi sa bière permettait ainsi d’être certain que le client paye bien à la fin malgré le mauvais goût du repas et de la boisson. Et, si cela n’est pas le cas, un ou deux vigiles sont toujours là pour faire le ménage…

    - Ouais, c’est dégueulasse. Mais j’ai connu pire.

    Et puis, je n’allais pas jouer la difficile. Après tout, cela faisait des jours que je n’avais pas mangé et il fallait bien que je me nourrisse si je ne voulais pas finir par être obligée de mendier pour avoir quelques pièces. J’avais toujours préféré le vol et le passage à tabac plutôt que la mendicité et je n’allais pas commencer maintenant à ramper aux pieds des nobliaux du coin ! J’achevais donc ma bière et déposais les fameuses pièces d’argent que le serveur se hâta de prendre et d’apporter à son patron qui me remercia d’un hochement de tête.


    - Alors, que viens-tu faire de beau à Azura ?

    Attends là, elle n’allait quand même s’immiscer dans mes affaires ? Est-ce que je lui demandais où elle avait dégoté ses haillons, moi ? Surtout que rien ne m’assurais que cette gamine n’était pas une espionne, une rapporteuse ou encore la petite amie de l’un des malfrats de l’Ordre ! Mes histoires ne regardaient pas cette étrangère et je n’avais rien à lui dire, surtout que j’ignorais totalement qui elle était…

    - Je voyage.
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MessageSujet: Re: La bière, la solitude et l'inconnue...   Dim 29 Mai 2011 - 12:51

    D'abord la douleur.
    Encore et toujours la même douleur lancinante qui s'emparait de lui au cours de ses transformations quand il passait par ses "périodes d'activité".
    Ses os se déplaçaient, se reformaient, s'inversaient. Il aurait eu envie de hurler, il aurait hurlé.
    S'il n'y avait pas eu ce plaisir.
    Accompagnant toujours sa douleur, il subissait bien pire : Le plaisir. Une excitation passait par tout son corps tandis qu'une fourrure le recouvrait et que ses oreilles se déplaçaient. Un véritable orgasme généralisé. Mais c'était bien la pire épreuve: Céder au plaisir total, c'était devenir une bête. Pour garder son esprit, il devait s'accrocher à sa douleur.
    Toutes les sensations y passaient. Un vrai déluge.
    Et c'était fini.

    Et après la transformation, il y eut le moment de lutte interne. Est-ce qu'il allait passer la nuit à défendre son territoire de chasse et à fouiller dans les poubelles pour manger les rats qui passaient ou allait-il faire ce qu'on lui avait demandé ?
    Il devait faire quelque chose ?
    *Ca commence...Détends-toi...Tu es Durn Lineam et tu es un humain. Te blottir et te mettre à ronronner, ça ne te ressemble pas*
    Non, il ne fallait surtout pas qu'il se tutoie lui-même, cela avait pour effet de dissocier son esprit en deux interlocuteurs, et, forcément, celui qui donnait les conseils était beaucoup moins "lui" que celui qui écoutait. Autrement dit, en se tutoyant lui-même, la majorité de son esprit était la partie qui écoutait, donc elle s'effaçait, donc elle céderait.
    Voilà...Continuer ce genre de raisonnement pourrait faire reculer les instincts du Lynx. Tant pis s'il donnait dans le sophisme et le syllogisme.
    Après deux bonnes minutes à déclamer une philosophie ridicule et ratée, il avait retrouvé ses esprits, totalement.

    *Ce n'est pas aujourd'hui qu'un chasseur va m'exécuter*
    Il céda néanmoins au plus grand avantage du lynx sur l'homme: Se gratter l'oreille avec la patte de derrière.

    *Surtout, ne pas commencer à faire de l'humour. Chaque fois que je fais de l'humour, c'est que je commence à perdre l'esprit.*
    Il s'étira pour bien contrôler le corps...Parfait ! Maintenant, il devait entrer dans la taverne par la porte de derrière.

    Il faisait totalement noir. Il s'en fichait un peu. Ses vibrisses lui permettaient de détecter le moindre coup de vent, et ses yeux s'acclimataient très bien au manque de lumière.
    Dommage, son odorat n'était pas aussi bon que celui d'un chien. A dire vrai, l'odorat félin ne servait qu'entre eux, pour les territoires ou les chaleurs des femelles.
    Il sauta dans la Taverne par une fenêtre resté entrouverte, se faufila dans la réserve, grimpa sur le toit par un léger trou, descendit par un autre...
    Il était désormais confortablement lové sur la poutre juste au dessus du groupe que Jia lui avait demander d'espionner.
    Dans la Taverne, deux jolies dames se partageaient une table...Et s'appréciaient mal de toutes évidences.
    Elles émettaient des phéromones qui ressemblaient à celle des félins au cours de la défense de leur territoire.
    Son cerveau aussi s'était très relativement transformé...Toutes les parties liées à l'interprétation des signaux sonores, visuels, auditifs et sensitifs chez l'humain s'étaient changées en leur version félines, sans quoi ses yeux, ses vibrisses, ses oreilles et son nez auraient été totalement inutilisables, même une vraie gêne.
    En attendant, il avait été obligé de faire de la place...Autrement dit, il s'était débarrassé de la zone régissant les sentiments sociaux et des deux ou trois parties qui interagissaient sur le comportement sexuel.
    Autrement dit, toute sa façon de penser était chamboulée. Mais du moment qu'il ne touchait pas à la mémoire, il reviendrait exactement pareil de sa transformation.
    De toutes manières, influer de manière consciente sur les transformations qui ont lieu dans le cerveau était presque impossible. Tout se faisait de manière presque automatique. Et, de toutes manières, les choses étaient plutôt bien faites.

    Il écouta attentivement la conversation.


    "Un type de Tinea réclame énormément d'armes. Le Cercle se contente pour l'instant de les menacer avec les bateaux mais s'il y a une attaque, les chasseurs seront envoyés en premier...Qu'importe les armes, ils ne résisteront pas aux chasseurs. Donc, je propose de tirer un maximum d'argent des armes qu'on leur vendra, si on leur livre quelques lances-grappins, ils couleront des navires du Cercle. Les chasseurs interviendront rapidement. Et nous, on récupèrera les armes vendues"
    "Le beurre et l'argent du beurre...J'aime bien, sauf que: Comment comptes-tu livrer les armes sans risques ? Comment être sur que l'insurrection ne tiendra pas l'attaque des chasseurs et du Cercle ?...Mauvaise idée. Contentons-nous de livrer les bateaux pirates, pour l'instant."
    "Pas d'accord. Il y a deux ou trois bateaux qui, d'après la rumeur, ont presque le contrôle d'une île minière déserte. Ils auront bientôt le contrôle de la production illégale d'arme."
    "On ne peut pas lutter contre ce genre de concurrents. Nous devrions laisser tomber le commerce d'arme et se contenter du racket."
    "Parlons-en au patron..."
    "Au passage, je me sens observé."
    "On ferait mieux de sortir"
    "Le temps de finir ma bière."

    Jackpot ! Mais insuffisant. Il fallait continuer à les écouter pour l'instant.

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