Bienvenue sur Azura, cet archipel contrôlé par un pouvoir invisible faisant abattre sa loi par ses traqueurs nocturnes et son armée glorieuse.
Le monde n'a que la limite du vent, il est à vous.
Les Pourpréens incontrôlables, le Cercle et leur gloire, mercenaires ambitieux, Chasseurs à l'affût, rebelles silencieux ou moines discrets.



 
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 Au détour d'une rue [Nynia]

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Lunaris Noctis
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MessageSujet: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 22 Mai 2011 - 17:04

    Lunaris s'arrêta devant la vitrine d'un herboriste. Elle fit mine de se recoiffer devant la vitre, tandis qu'elle parcourait avidement du regard l'agencement de la boutique. Assez petite, des rayons presque vide, un rideau derrière le comptoir masquant très certainement une porte... Parfait, il y avait sans doute une arrière boutique. Elle allait contourner le bâtiment histoire de vérifier sa taille, et ainsi confirmer sa théorie.

    Parce que Lunaris, malgré ses longs cheveux noirs sagement relevés et sa robe verte toute simple qui accentuait son air de poupée, était en mission.

    A titre personnel, ce qui était tout à fait inhabituel. Eh oui, Lunaris arrivait à court d'ingrédients pour ses poisons. Elle travaillait en ce moment sur un soporifique très puissant, et elle s'était tellement concentrée dessus qu'elle s'était un jour rendue compte avec horreur que son stock de poisons était presque à sec... Et qu'elle n'avait pas les harbes nécessaires pour le reconstituer. D'où ce petit shopping improvisé dans les bas-quartiers.

    Le soir tombait. Lunaris, qui venait de finir son parcours (confirmé, la boutique avait bien une arrière-salle et il y avait sans doute un joli trafic de poisons), jeta un regard au ciel qui se teintait de rouge. Puis elle rabattit sur sa tête la capuche de son long manteau beige, et fit demi-tour. Elle était venue dans l'endroit le plus mal famé de la ville pour faire ce petit repérage. Il ne faisait pas bon être une femme la nuit, par ici. Être une jeune fille d'apparence frêle, jolie en plus, c'était mille fois pire. Après les premières heures du soir, quand les tavernes ouvraient leurs portes, ils étaient plusieurs à aborder la jeune fille. Parfois, les rembarrer suffisait. Parfois, Lunaris s'enfuyait, et sa rapidité la mettait à l'abri.

    Très rarement, ça dégénérait.

    Dans ces cas-là, un coup de dague et on n'en parlait plus. Question de discrétion, Lunaris n'utilisait jamais son Don en ville. Mettre le feu à la capitale, c'était tellement stupide...

    Bref. Lunaris marchait donc d'un bon pas pour sortir de cet entrelacs de ruelles avant la nuit. Elle y parvint de justesse, et gagna une rue plus fréquentée. Là, le maximum qu'elle risquait, c'était des sifflets ou des remarques grossières. Azura était une ville bien trop disciplinée pour que quelques balourds tentent d'agresser une jeune fille en pleine rue.
    La seule ville où l'ordre n'était pas maintenu par une milice, mais par le Cercle et les Chasseurs.
    Un sourire presque attendri passa sur les lèvres de la jeune fille lorsqu'elle évoqua les Chasseurs. Sa famille. Non, sa famille, c'était Aino. Les Chasseurs, c'était... Son clan, sa caste, son monde. Elle était Chasseresse. Au plus profond de son âme. Elle commençait même à se faire un nom.

    Les Chasseurs, c'était son clan.

    Sa famille, quant à elle... Lunaris grimaça mentalement. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas pensé à eux. Sa mère, son père... Ils devaient les croire morts. Quant à son frère, Aino... Aino Nox, c'tait son nouveau nom. Il faudrait qu'elle aille le voir, un jour. Histoire de vérifier que tout allait bien. C'était son petit frère, après tout. Elle seule devait le protéger, elle seule le surveiller, et si ça dérapait... Elle seule le tuerait.

    Parole de Chasseresse.

    Lunaris enfonça encore plus sa capuche sur sa tête, quitta les ruelles sombres, et entra sur l'un des nombreux boulevards éclairés qui traversaient la ville. Noyée au milieu de la foule et le brouhaha confus qui en montait, elle s'arrêta et inspira une grande bouffée d'air, un large sourire aux lèvres.

    Le bruit, les gens, la lumière... Elle aimait la ville, mais il lui tardait de repartir en mission. D'accord, elle devrait d'abord refaire son stock, se préparer, aller voir Aino, et quémander une affectation auprès de ses supérieur. Mais, vraiment, même si elle aimait la capitale, l'action lui manquait.

    Rien ne pourrait jamais égaler le plaisir de la Chasse... Parole de Chasseresse.

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Nynia Felfae
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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 22 Mai 2011 - 18:47

En été, le noir de la nuit tombe tard, terriblement tard. Cela m'agace, me fait grincer des dents, me gêne. Il est plus facile de se cacher sous le linceuil obscure que la nuit glisse sur le soleil plutôt que sous la lumière sanguinaire qui dégouline du ciel en soirée. Ma capuche est rabattue jusqu'à mon nez car, même si mes cheveux sont attaché de façon à les rendre discret, je les sais trop blond pour ne pas attirer l'attention.
Je préfère l'hiver.

Je courai dans les rues, un sourire flottant sur mon chemin. A présent je connais le chemin par coeur et je pourrais sans doute m'y rendre les yeux fermés si il n'y avait pas tant de badauds sur le chemin. Je me demandai comment est la ville durant la journée, si il y a autant de gens, comment sont les commerces... Toutes ces choses que je ne saurais jamais car je ne sors qu'une fois.
C'est la règles.
Et c'est tout.

L'heure filai et j'eu envie d'être là-bas le plus vite possible. Mais il y avait tant de gens que je me vu obligée de ralentir pour ne pas leur foncer dessus. Et surtout ne pas attirer l'attention. Si jamais je me faisais choper par un membre du Cercle ou un chasseur et que, par hasard, il me reconnaisse... Je serais mal. Très mal. Je n'osai même pas imaginer la tête de mon père si jamais il apprenait que, une fois par mois, je prenais la liberté de fuir le palais. La déchéance que je subirais serait sans doute terrible et m'obligerait à repousser mes plans de pouvoirs et de conquête de la Famille Royale. Peut-être que mon père réussirait à étouffer l'affaire, mais d'autres gens sauraient quand même... tout se sait chez nous, nous sommes une famille avant tout... et les secrets de famille finissent toujours par être déterrer.
Humiliation.
Les rumeurs courraient et plus personne ne me respecterait... c'est pour ça que je ne peux pas permettre ma double vie de bêtises influencer sur ma vraie vie. Ca pourrait tout détruire, me réduire à néant, me tuer instentanément. Si je n'ai plus le pouvoir, je n'ai plus rien.
Quelque part, je me dis que c'est bien que Kyo soit mort.

Kyo... C'était se qu'on appelle une relation fusionnelle je crois bien. Il savait me faire rire comme personne, faire grimper mon plaisir jusqu'au septième ciel quand nous étions au lit, me faire découvrir des vins des plus bons. Il était définitivement fou amoureux de moi, ça se voyait dans sa façon d'être. Ca me touchait, me déconcertait, parce qu'en quelque sorte, c'était la première fois que je voyais l'amour. Au Palais, je n'avais sur moi que des regards d'envie, bien loin du véritable amour. Et comme mes parents ne s'étaient jamais aimé, je n'avais pas de véritable exemple.
Mais ça faisait un bien fou de se sentir aimé par quelqu'un.
Tellement fou que je crois bien que, à mon tour, j'étais en train de tomber amoureuse. Je pensais à Kyo en dehors de nos nuits ensemble, je visualisais un futur ensemble qui n'était même pas envisageable, je sentais mon coeur battre lorsque nos regards se croiseaient.
Et tout cela était inconcevable.
Sa disparition, sa probable mort, m'a rendu ma liberté. Plus de Kyo, plus d'amour, plus rien pour me retenir dans cette vie parallèle qui ne devait en aucun cas attenter à la première. Je n'oublierai jamais la première fois où nos yeux se sont croisés, où nos lèvres se sont caressées, où nos corps de sont mélangés. C'était des magnifiques souvenirs, mais ce n'était que ça. Des souvenirs. Le passé. Plus le présent. Et certainement pas le futur.
Je crois que, comme mon père, je me contenterais d'un mari tapisserie. Un homme qui s'efface, presque soumis, que je n'aimerais pas et qui serait juste là pour faire joli et assurer la descendance. Ou alors ce qui serait envisageable, se serait un homme de pouvoir qui pourrait me faire grimper des échelons, un homme assez bête pour m'accepeter à ses côtés et que, comme dans l'autre cas, je n'aimerais pas.
Je ne suis pas faite pour l'amour.

Parfois, Kyo revient me hanter, mais comme toujours, je me débarasse de ces pensées en les écrivant. Des mots jetés hors de mon esprit et de mon coeur, loin, très loin. Des mots dont je me débarassais pour ne plus les penser, en les écrivant n'importe ou puis en les effaçant, aussi bien sur le support matériel que dans ma tête.
Des mots que je ne voulais plus.
Alors je m'approchai d'un mur, un peu à l'écart de la populace, me baissant pour tester la solidité du sol. Il était très facilement friable, si bien que de la pointe de ma dague, je n'aurais aucune peine à graver mes mots. Je sortis donc l'arme, cachant prudemment le rubis trop facilement repérable afin de pouvoir gravé quelques mots à l'aide de la pointe de la dague.

"Un coeur qui brûle.
Une vie qui hurle.
Mais plus aucun hiboux ne hulule."


Puis toujours grâce à l'arme, je massacre mes vers, détruisant les preuves de la folie de mon esprit. Plus de mot par terre, plus de mot dans ma tête.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Lun 23 Mai 2011 - 17:39

    Lunaris s'écarta du centre de la rue pour ne pas être bousculée par la foule. Le long des maisons qui bordaient l'avenue, elle avait plus d'espace. Elle se retrouva donc à raser les murs, où presque, avançant d'un pas rapide et presque dansant. Alors qu'elle repoussiat en arrière son capuchon, dévoilant sa longue chevelure et sa peau si claire, elle esquissa même un entrechat pour narguer la cohue qui se bousculait à quelques pas d'elle.
    Un petit groupe d'hommes qui descendait la rue se tu un instant pour la suivre du regard. Lunaris leur sourit, parfaitement consciente de ce qu'ils voyait en elle. Une poupée de porcelaine au sourire rayonnant. Si jolie, si mince, si fragile. Inoffensive.

    Ou pas.

    Le groupe d'homme disparu dans la foule et elle ne les suivit pas du regard. Au contraire, elle s'écarta en pivotant légèrement, esquivant un obèse en plein conversation qui ne regardait pas où il marchait, se baissa pour éviter de cogner contre le bras d'un d'un homme qui complétait ses discours par d'amples gestes, et réintégra l'ombre des murs sans que son rythme de marche ai vacillé un seul instant. Inoffensive... Ou pas.
    Ne jamais se laisser tromper par les apparences.

    Lunaris parvint à une intersection, et hésita une brève seconde. Si elle empruntait cette rue, elle parviendrait directement à l'auberge où se rendait souvent son frère. Il y avait une chance sur deux qu'il s'y trouve, et se montrer à visage découvert était risqué. Mais c'était l'occasion ou jamais.
    Elle tergiversa une seconde, puis se détourna brutalement de la ruelle tentatrice.
    Un poil trop brusquement d'ailleurs...
    Elle faillit percuter une jeune fille, elle aussi dissimulée par un manteau. Prise par surprise, Lunaris évita la collision par un mouvement rotatif sur un pied, comme un mouvement de danseuse, qui lui permit de reculer.

    - Oh, pardon.

    Lunaris esquissa un sourire d'excuse, s'apprêta à disparaitre... Et s'immobilisa, frappée par la surprise. Elle avait cru voir... C'était sans doute une illusion, mais le visage de cette fille lui semblait familier. Même cachée dans l'ombre de son capuchon, elle ne pouvait dissimuler ses yeux bleu glacé. Où donc Lunaris avait vu un tel regard ?
    La Chasseresse aurait pu passer son chemin et oublier ces deux yeux bleus qui la fixait avec méfiance. Elle aurait pu mettre ce sentiment de déjà-vu sur le compte de la fatigue, ou penser qu'elle avait du croiser quelqu'un de semblable. Mais Lunaris était Lunaris. Et elle ne manquait pas de culot.

    - On s'est déjà vues ? (Ce visage m'est familier... T'aurais-je déjà menacée ?) (nan, j'déconne, c'est juste l'influence de Pirates des Caraïbes sur mon pauvre petit cerveau)

    Lunaris doutait fortement que la réponse soit "oui", mais si jamais cet étrange regard bleu avait des choses à cacher, la Chasseresse se ferait un plaisir de mémoriser son visage avant d'aller voir son frère. Les Chasseurs étaient chargés de toutes sortes de basses besognes. Démasquer les menteurs en faisait partie.

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Nynia Felfae
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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Mar 24 Mai 2011 - 17:48

Je me relevai, rangeai la lame à sa place et réajustai mon manteau. Je devais rester froide et droite jusqu'à la taverne, là-bas seulement je pouvais me montrer amicale. Ici c'était la rue et la rue c'était dangereux. Je ne savais pas me battre et personne n'était là pour faire barrage entre un éventuel agresseur et moi-même. C'est pour ça qu'ill fallait vraiment que je me ressaisisse et que j'arrête de m'isoler si près des murs et si loin de la foule. Car dans une telle cohue, un cri de mort ne serait peut-être même pas entendu...
Je devais retourner me cacher de la mort au milieu des gens. Du moins c'est ce que je prévoyais de faire avant qu'une autre personne ne m'écrase presque, m'évitant d'un mouvement rapide et souple que, même après des milliers d'heures de répétition avec mon maître d'arme, je ne serais sans doute jamais capable d'exécuter.
De toute façon je ne ferais jamais mille heures. J'abolirais cette règle puérile bien avant.

- Oh, pardon.

Lui lançant un rapide coup d'oeil, je me rendis compte que ce n'est qu'une jeune femme, presque encore une enfant bien plus petite que moi. Probablement une danseuse vu sa souplesse. Gracieuse, mince, belle, elle a toutes les qualités d'une futur grande étoile. Qui sait, peut-être qu'un jour, au détour d'un spectacle, je l'appercevrais sur les planches ?
Mais qu'importe ?
Ce n'est d'autre qu'une fille du peuple. D'un geste de la tête, j'acceptai donc ces excuses avant de reculer d'un pas, prêt à retourner me fondre dans la masse.
Mais sa voix me retint.

- On s'est déjà vues ?

Mes yeux froids se troublèrent l'espace d'un instant. Cette question n'était pas anodine, loin de là. Je ne me souvenais pas de cette fille, cette enfant qui d'un coup devenait menace pesante, mais j'étais quasi sûr que, si il y avait une chance pour qu'on se soit déjà croisé, se fusse au palais.
Et dans ce cas là, j'étais plutôt mal.
Si elle me reconnaissait, si elle me menaçait de dire aux gens ce qu'elle avait découvert ce soir, si elle me faisait chanter, si jamais ces informations arrivaient aux oreilles de mon père... C'était exactement le genre de chose que je redoutais.
Il va sans dire que, si j'avais été une tueuse, le sang de cette fille coulerait déjà lentement, doucement, sur le sol d'Azura. Mais je n'étais pas de taille à accomplir un acte pareil et je ne pouvais que blâmer mon incapacité. Et répondre à sa question.

- Non. Pas que je m'en souvienne.

Je disais la vérité et, en plus ma voix était douce, comme elle l'avait toujours été. Mais le problème, c'était mes yeux. Je savais que, quoi que je fasse, ils resteraient bleus, froids, immense désert de l'Antartique. J'ai toujours pensé que la neige et la glace n'étaient rien d'autre que de la lumière éclatée sur le sol, mais je peux vous assurer que mes yeux n'ont rien à voir avec la lumière.
Ils sont le reflet de ma fureur.

- Maintenant si vous voulez bien me laisser passer, je dois y aller.

Ma voix sonne trop faux, trop doux, trop gentil. Et ça m'agace. Si je pouvais, je la rendrais aussi froide que mes yeux afin de faire échouer à cette danseuse sa pirouette d'équilibriste. Mais j'ignore comment faire et je dois me contenter de la foudroyer de mes yeux.
Dégage sale mioche.
Je ne comprends pas comment en une simple question, une femme si jeune et si petite, si frêle et si insignifiante, a pu déstabiliser mon monde, détruire ma confiance en moi.
Oui, dégage maintenant.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Mer 25 Mai 2011 - 13:31

    Ses yeux. Plus froid que la glace. Familiers. Ou donc avait-elle vu un tel regard ? Ce n'était pourtant pas le genre de chose qu'on oubliait...

    - Non. Pas que je m'en souvienne.

    Lunaris plissa les yeux, ce qui lui donnait un air rusé, presque méfiant. Elle avait l'air nettement moins innocente comme ça. Sa frange glissa sur son front, découvrant nettement son visage, et plus particulièrement ses yeux dorés. Des yeux de fauve.

    Cette fille mentait.

    Tout en elle était mensonge. Lunaris était Chasseresse, elle sentait le mensonge qui émanait de l'adolescente comme si c'était un nuage coloré. Ses yeux mentaient. Son visage mentait. Maintenant que l'inconnue était sur ses gardes, c'était plus flagrant de seconde en seconde. Cette fille lui mentait. Cette froideur, ce visage caché...

    *Si elle essaie de fuir ou si elle essaie de m'intimider, je serait fixée.*


    Fuir ou attaquer, la réaction typique de la proie. Tous les humains agissaient ainsi. Les Pourpréens comme les autres. Cette fille était probablement du genre à attaquer. Pas avec une arme, puisqu'elle ne semblait pas en avoir. Avec ses mots, certainement. Mépriser, menacer, repousser, on pouvait très bien faire mal avec des mots.

    - Maintenant si vous voulez bien me laisser passer, je dois y aller.

    Sa voix était trop douce, ses manières trop polie. C'était déstabilisant. Étant donné la froideur de son regard et la menace clairement visible sur son visage, Lunaris se serait presque attendue à ce qu'elle lui hurle dessus.

    Mensonge, tout en elle était mensonge.

    Lunaris passa de la suspicion à la méfiance. Ses mots si calmes et posés étaient en contradiction totale avec la colère qui transparaissait dans son regard. Ce regard, toujours ce regard. Si bleu, si froid. Lunaris chercha en vain où elle avait bien pu croiser des iris pareils. Elle ne s'en souvenait pas, mais ces yeux lui faisaient passer un frisson dans le dos. Où qu'elle ait vu ce regard auparavant, ça ne devait pas être un bon souvenir.

    Pourpréen?

    Non, aucun Pourpréen ne l'avait assez marquée pour qu'elle frissonne en y repensant. Sauf peut-être son premier cadavre, mais lui n'avait pas les yeux bleus. Elle s'en serait souvenue. Elle se souvenait du moindre détail du visage de sa première victime, de tous les meurtriers.
    Cette fille n'était pas une de ses adversaire, mais était-elle une Pourpréenne ?
    Lunaris se décala d'un pas sur le côté avec un haussement d'épaule, comme si elle voulait dire "tant pis, ça me reviendra". Elle laissa passer la fille sans la lâcher du regard. Pas de doute. Cette démarche, ce visage trop fin et cette peau si claire... L'inconnue n'avait rien d'une guerrière. En cas de bagarre, elle serait facile à tuer.

    Tuer ?

    Non, il ne fallait pas qu'elle pense à tuer. Lunaris secoua la tête d'un geste brusque. Ça ressemblait beaucoup à une mission, mais cette fille n'était pas sa cible désignée et peut-être même pas une Pourpréenne. Elle n'avait pas à la tuer.

    Juste à la suivre.

    Lunaris était Chasseresse, et l'autre était naïve. C'était joué d'avance. Personne ne pouvait surprendre un Chasseur en pleine traque. Et surtout pas quelqu'un d'aussi peu doué que cette étrange jeune femme blonde.

    Dès que l'inconnue eu tourné dans une rue, Lunaris se glissa à sa suite, retrouvant ses vieux réflexes de Chasseresse pour suivre sa cible en toute discrétion.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Mer 25 Mai 2011 - 19:19

Sa frange, qui me barrait l'accès à son regard, glissa et je pu enfin apercevoir ses yeux. Des yeux dorés et chauds, tous le contraire des miens. Des yeux d'un lion ou d'un chat, d'un felin fier et noble. Des yeux qui ne collait pas avec cette image de danseuse à laquelle je l'avais identifier.
Et je commençai à me rendre compte que quelque chose ne jouait pas.
Quelque chose qui sonnait faux, qui me mettais mal à l'aise, qui tentait de jouer avec mon esprit comme si ce n'était qu'un simple jouet. Comme si je n'étais qu'une simple poupée. Une poupée de porcelaine qu'un simple faux mouvement pouvait faire tomber au sol, faisant éclater sur le grisâtre l'albâtre de ma peau.
Cette gamine se fichait de moi.
Si jamais la poupée se cassait, ce serait loin d'être un accident. Une danseuse ne fait pas tomber un décor. Mais ce n'était pas une danseuse, ce n'était même pas une enfant. J'eu l'impression que je venais de découvrir un monstre caché sous le visage juvénile d'une petite fille.
Allait-elle tenter de me retenir ?

Mais elle n'essaya même pas, s'écartant d'un pas. De l'extérieur, on aurait dit qu'elle laissait tomber son essai pour mettre un nom sur ce visage. Et que moi je retournai dans ma foule, sans me préoccuper d'elle, l'oubliant dès le premier tournant de la rue.
Mais ça ce n'était que la vision que nous voulions offrir au Monde. Envrai, je ne l'oubliai pas tant sa question, sa méfiance, sa suspicion m'avait agacé. Et je sais que, si moi, je ne lui ai plus adressé aucun regard, le sien n'a cessé de me brûlé quand je lui ai tourné le dos. Elle m'observait et je n'avais pas besoin de me retourner pour vérifier cela.
Cette fille...
Je tournai au coin de la rue suivante aussi rapidement que possible. Mais je ne recommençai pas à courir car ce n'est pas le rôle d'une princesse. Et actuellement c'était dans ce rôle là que je jouais la pièce de ma vie. J'étais membre de la Famille Royale. Cette adolescente agaçante m'avait volé ma nuit, mon changement de rôle.
Elle ne me volerait pas mon bar.

Soudain, l'envie me sauta au cou. Et sans chercher à comprendre, je me précipitai contre un mur de molasse, grattant à l'aide même de mes ongles pourtant si propre ces quelques mots.

"Tu ne sais pas qui je suis.
Mais tu ne cesses, tu me suis.
Collante ; c'est de la suie."


Mais cette fois si je ne les effaçai pas. Cette fille ne devait pas sortir de mon esprit, elle représentait une menace et toute menace devait être anihilée, écrasée, étouffée. Qu'elle aille crever sous un pont.
Qui était-elle ? Ce n'était pas une danseuse, malgré sa ressemblance à une étoile. Alors que faisaient ces yeux fauve de l'heure vie ? Etait-ce une fille des rues ? Une voleuse ? Une prostituée peut-être ? Elle n'en avait pas le profil... Une riche, noble et fière ? Non... elle ne me ressemblait pas assez.
Je n'avais jamais vu de lueur pareil dans des yeux. Lueur de méfiance, d'intérêt... Non c'est faux. J'en ai déjà vu des yeux pareil. Chez ces larbins, ces êtres qui n'étaient là que pour obéir à nos ordre, subir notre autorité. Les Chasseurs...

Les Chasseurs... ces êtres dont la liberté se retrouvait réduite à notre bon vouloir. Etait-elle une des leur ? Dans ce cas là, elle était sous mes ordres... Mais ça il était probable qu'elle l'ignore. Sinon elle ne m'aurait pas demandé si on se connaissait.
C'était donc ainsi qu'on s'était rencontré...
Je sais beaucoup de chose sur les Chasseurs, grâce à mon rang. Et je sais entre autre, qu'ils ne lâchent jamais leur proie.
Jamais.
Et si elle me suivait ? Pas seulement dans mon esprit, mais physiquement aussi ? Si elle était là tout près comme une ombre prête à jaillir à chaque instant pour me donner la mort ou m'affronter ?
Si elle me suivait...

Je bifurquai dans une ruelle à l'allure déserte. Aucun bruit, elle était trop douée pour en faire. Je m'arrêtai alors, avant de me retourner, doucement, tout doucement, pour qu'elle ait le temps de se cacher, de penser que je n'avais pas saisis qu'elle pouvait encore être là.

- On va cesser ce petit jeu. Tout de suite.

Mes yeux glacés scrutèrent la ruelle déserte. Au pire, si je me trompais, personne n'en saurait jamais rien. Et dans le cas contraire, j'aurais un avantage sur cette femme. Je saurais ce qu'elle est. Une Chasseuse.
Dont je suis la Proie.
Royale.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Mer 25 Mai 2011 - 20:04

    Lunaris se mit à suivre sa proie. C'était tellement facile. Elle ne savait plus combien de fois elle avait suivit quelqu'un de cette manière, combien de fois elle avait Chassé. La Chasse, c'était devenue une action aussi machinale que de respirer. Lunaris avait acquis la discrétion des Chasseurs sans même s'en rendre compte.

    Quiconque l'aurait cherché du regard n'aurait vu qu'une ombre, quiconque aurait tendu l'oreille n'aurait perçu que le silence.

    Chasseresse.

    Sa proie se tenait droite, ses épaules s'étaient raidies. Elle avait peur, elle était en colère. Par la force de l'habitude, Lunaris décrypta les signaux de son corps. Le visage pouvait mentir, mais pas les battements d'un cœur, ni la tension d'un dos. Ce que le regard cachait, le corps le révélait.
    Cette fille avait peur mais, plus que la peur, c'était la colère qui la dominait.
    Lunaris ne comprenait pas. Comment pouvait-elle s'indigner d'être suivie ? Avait-elle une si haute opinion d'elle-même qu'elle se croyait capable d'échapper à une Chasseresse ? C'était bien la première fois que ça arrivait. Lunaris réprima un rire silencieux tout en changeant d'angle de rue. Elle n'avait même pas été obligée d'accélérer l'allure ou de faire un effort pour se dissimuler. Cette fille était vraiment très nulle question filature.

    Soudain, le pas de la fille s'accéléra, elle se précipita vers un mur et sembla graver frénétiquement quelque chose dessus. Intriguée, Lunaris la laissa finir, attendit qu'elle se soit éloignée, puis jeta un regard à l'inscription.

    Tu ne sais pas qui je suis.
    Mais tu ne cesses, tu me suis.
    Collante ; c'est de la suie.


    Ah. Elle avait devinée qu'elle était suivie. Et effectivement elle était furieuse. Indignée serait plus juste. Méprisante. De la suie, hein ? De la saleté, de la boue, c'était la même chose. Lunaris haussa les épaules. Cette insulte était puérile. Cette fille avait beau être plus âgée qu'elle, elle était mille fois plus lente, mille fois plus ignorante. Mille fois plus faible.

    L'inconnue continuait. Son pas était court, saccadé. Elle n'avait pas l'habitude de se hâter. Elle n'avait pas non plus l'habitude d'avoir peur. Et ces yeux... Ces yeux de glace...
    Mais d'où sortait-elle ?
    La fille s'engouffra dans une impasse. Elle avait ralentit, comme subitement calmée, mais la tension de ses épaules n'avait pas disparu. Elle se retourna alors pour faire face à l'entrée de la ruelle, comme si elle attendait Lunaris. Sans hésiter. Avec la certitude absolue que la Chasseresse viendrait à sa rencontre.

    - On va cesser ce petit jeu. Tout de suite.

    Et ce fut à ce moment que Lunaris comprit.

    La voix, sèche, froide. Ces yeux couleur ciel d'hiver, aussi glacés que la banquise. Cette façon de s'indigner d'être suivie, de se montrer si méprisante. Sa démarche. Sa peau claire. Oui, c'était limpide, tellement limpide...
    Elle l'avait vue, une ou deux fois, elle n'avait jamais reçu d'ordre d'elle, mais elle connaissait son père. Cette fille, c'était...

    - Felfae.

    Lunaris ne s'était pas montrée. Sa voix résonna étrangement dans la ruelle. A peine un souffle, incrédule, presque choqué. Cette fille était...

    La fille du Prince Felfae.

    Lunaris cligna des yeux tandis que son cerveau tournait à toute allure. Que faire ? Si la princesse lui avait donné un ordre avec autant d'assurance, c'était parce qu'elle était sûre d'être obéie. Elle avait donc devinée que Lunaris était Chasseresse. Elle se souvenait peut-être de son visage ? Non, impossible, elle l'avait royalement ignorée lorsqu'elles s'étaient croisées dans le bureau du Prince. Devait-elle se montrer ? Non, si elle sortait de l'ombre maintenant, elle n'arriverait pas à cacher la stupeur et la réprobation sur son visage. Une princesse qui fuguait. C'était la meilleure. Si la vénération de Lunaris pour la Famille Royale avait été moins forte, elle n'aurait pas hésité à traiter Nynia de sale gosse immature et irresponsable, car c'était ce qu'elle pensait. Mais Lunaris était Lunaris, et elle était Chasseresse avant tout.

    Servir et protéger la Famille.

    Eliminer la menace.

    C'était sa raison d'être. Alors elle prit sur elle, expira lentement, figea son visage en un masque impassible, et fit face à sa proie Royale.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Sam 28 Mai 2011 - 23:19

Je tremblais. Mais ce n'était pas de la peur, mais bel et bien de la rage. Que l'on ose me faire l'affront de me suivre m'avait agacé. Je me sentais espionnée jusqu'au plus profond de mes os.
Indignation.

- Felfae.

La voix résonna dans la ruelle, tel un simple vent. Mais ce n'était pas que du vent, si ça l'avait été cela m'aurait moins inquiété... Le vent qui criait mon nom. Ce nom d'emprunt, factice qui dissimulait le vrai visage de la Famille Royale. Je ne bougeai pas d'un pouce, attendant que la jeune femme se manifeste devant moi.
Alors quoi sale mioche ? As-tu peur ?
Elle est Chasseur, elle ne devait pas avoir peur. C'était autre chose qui la contenait dans le noir. Mais quoi ? Peut-être n'avait-elle juste pas envie d'affronter mon regard, ni la vérité d'ailleurs. Car cette gamine venait de tomber sur un scoop. La fille d'un Prince respecté par tous, dehors en pleine fugue.
Si elle savait que c'était mensuel et pas seulement aujourd'hui...
Il allait falloir que je négocie pour pouvoir garder ma couverture. Ou que je mente. Même si je doute que le mensonge puisse passer avec un être comme elle. Elle est sensée détecter ça, non ? Cependant, elle est aussi sensée me respecter. Et suivre mes ordres... Je doute qu'elle veuille me faire chanter. Ou même que l'idée lui traverse la tête. Je suis son autorité, celle dont elle est sensée suivre toutes les directives...
Approche la gamine.

Son pas était celui d'une danseuse, son visage d'un comédien avec un masque. Tellement son visage était impassible et serein. Elle ne ressemblait plus à l'enfant dont j'avais croisé le regard auparavant. La chenille devenait papillon, le chat se transformait en tigre, ses yeux croisèrent les miens.

- Je pense qu'il est inutile qu'on fasse les présentations... A vrai dire, je ne connais pas ton nom et je m'en fiche. Mais ce que tu as vu ce soir, tu ne dois en parler à personne. Et ne me demande pas pour quelle raison je te demande de garder cette rencontre secrète, car je n'ai pas à me justifier devant... Toi.

Dans ce "toi" résonnait toute la haine que j'avais pour les Chasseurs. Que j'avais pour toutes les personnes de rang inférieur au mien. Ce qui, vu la reconnaissance sociale que subit ma famille, veut dire énormèment de gens. A l'instant, même Kyo me dégoûtait. Même pas capable de rester en vie.
Même pas capable de rester assez longtemps pour m'apprendre à aimer.
Je dévisagea mon adversaire avant de hausser un sourcil. Il fallait qu'elle comprenne qu'ici, j'était la seule maîtresse de la situation.
Et que les autre aillent donc au Diable !

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 29 Mai 2011 - 11:47

    Les iris couleur de glace croisèrent les prunelles teintées de feu. Pourtant, c'étaient le regard de la Princesse qui flamboyait de colère, et les yeux de la Chasseresse qui étaient voilés par l'indifférence.

    - Je pense qu'il est inutile qu'on fasse les présentations... A vrai dire, je ne connais pas ton nom et je m'en fiche. Mais ce que tu as vu ce soir, tu ne dois en parler à personne. Et ne me demande pas pour quelle raison je te demande de garder cette rencontre secrète, car je n'ai pas à me justifier devant... Toi.

    Lunaris retint ne bougea pas. Elle était aussi impassible et froide qu'une statue. Pourtant, dans son esprit, c'était le chaos. Doute, incrédulité, colère et mépris. Mépris ? Etait-ce bien du mépris qu'elle ressentait à l'égard d'une Princesse Royale ? Du mépris ?

    Oh que oui.

    Cette fille ne pouvait pas une Princesse Royale. Où était sa fierté si elle courrait les rues de la Ville Basse ? Où était son ambition si elle fuyait la Tour ? Où était son honneur si elle délaissait sa famille au profit des crapules qui vivaient ici ?
    Sa froideur, son air hautain, tout ça n'était rien si ce n'était qu'apparence. Elle pouvait jouer à la reine des glaces tant qu'elle le voulait, mais l'illusion avait déjà volé en éclats. Lunaris l'avait vue. Elle savait.

    *Un membre de la Famille Royale qui fuit son rang est-il encore membre de la Famille Royale ?*


    Lunaris préféra ne pas prononcer à haute voix la pensée qui tournait en boucle dans sa tête. Colère, stupeur, rancune, mépris. La Famille Royale avait pour devoir de diriger le Royaume, de contrôler les Pourpréens, de créer les Chasseurs, de commander au Cercle... Elle devait être la tête et le coeur du Royaume. C'était sa raison d'être. Tout comme la raison d'être des Chasseurs était de servir et de protéger.

    La Famille Royale avait le devoir de diriger. Sinon, elle ne méritait plus ce titre.

    Ce qui ne restaient pas à leur place méritaient de mourir.

    Colère, doute, stupeur, mépris... Sentiments exacerbés et pensées chaotiques se heurtaient dans l'esprit de la Chasseresse. Derrière son masque impassible, une vague de rage enflait, rugissante, irrépressible. La Princesse... Cette fille trahissait son rang. C'était contre les lois de la Famille, les lois les plus sacrées aux yeux de Lunaris. C'était contre-nature. Personne, personne, pas même un membre de la Famille Royale, n'avait le droit d'outrepasser son rang, n'avait le droit de quitter la place que lui avait donner le destin.

    Ceux qui ne restaient pas à leur place méritaient de mourir.

    C'était la loi de l'archipel ! La loi en vertu de laquelle les Pourpréens étaient tués. La loi en vertu de laquelle les pirates et les hors-la-loi étaient traqués. La loi qui donnait au Cercle et aux Chasseurs une raison d'exister ! Rester à sa place, c'était ça que la Famille Royale devait faire respecter. Et une Princesse pensait avoir le droit d'outrepasser cette règle ? Le droit de quitter son rang par caprice pour se mêler à un monde qui n'était pas le sien ?

    Colère, doute, indignation et mépris. Lunaris quitta brièvement son masque d'impassibilité et tous ces sentiments étincelèrent dans ces yeux.
    Indignation. Mépris. Rage. Toi qui me donne des ordres, es-tu digne de le faire ? Tu as failli à ton rang, tu t'es volontairement rabaissée, crois-tu être encore en position de commander ? Idiote ! Idiote et lâche !
    Et plus que tout, colère. Colère parce que cette Princesse, même si elle venait de briser les convictions les plus sacrées de Lunaris, avait quand même le sang des Felfae. Même si Lunaris avait envie, là, tout de suite, de la frapper pour lui enseigner ce que c'était de rester à sa place, cettte fille était une Felfae.

    As-tu encore le droit de me donner des ordres ?!

    Elle ne le méritait pas, elle ne le méritait plus. Mais l'insulter, la frapper, la tuer, lui désobéir... C'était offenser la Famille. Tant que la Famille accepterait encore cette fille, les Chasseurs n'auraient pas leur mot à dire.
    Elle n'avait pas le droit de donner des ordres à Lunaris. Mais la Chasseresse, elle, avait toujours le devoir d'y obéir.

    - Je ne dirait rien.

    Sa voix était toujours aussi calme, détachée. Mais son regard toisait la Princesse de la même manière qu'elle aurait toisée un Poupréen.
    Le masque était brisé.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 29 Mai 2011 - 19:11

Déluge.
Complet déluge dans ma tête et dans mes entrailles. Pas un déluge de larme, un déluge de question, d'illusions, d'hypothèses, de raisonnements ; de pensées. Ma tête était monopolisée par un débat interne. Qu'allait faire cette fille, ce Chasseur si droit ? Trahir les ordre direct d'un Membre de la Famille Royale ou écouter l'instinct de moral qui résonnait en elle ?
Quoi qu'elle choisisse, à partir de maintenant, nos vies, nos destins étaient mêlés. Mêlés dans un enfer aux fils indémélable. Je m'arrangerais pour que sa vie soit une horreur à partir de ce jour-ci et elle remplirait toujours mes pensées, par son savoir.

Haine.
Je haïssais les gens. Tous les gens. Je haïssais encore plus les faibles. Et les Chasseurs étaient dans les plus faibles pour moi. Ce n'était que des armes à notre service. Sans nous ils n'étaient plus rien. Du tout. Alors que nous sans eux arrivions très bien à avancer. Nous sommes irremplaçable, eux pas. Peut-être qu'au début, au tout tout début, nous naissons tous humains, tous pareil. Mais il est faux de dire que nous sommes tous égaux.
L'égalité n'a jamais existé. Ni dans ce monde, ni dans tous les autres.
Même dans les jumeaux, il y a toujours un dominant et un dominé. La parité n'existe pas et n'existera jamais. Les gens sont juste supérieur ou inférieur les uns aux autres. Et moi j'étais supérieur à... elle.
Et je le resterais à tout jamais.

Digne.
C'était moi qui étais digne. Digne et droite. Elle à côté n'était rien. Rien d'autre qu'un pauvre bout de chair remplis d'os et de sang pour faire bonne impression. Et ce n'était pas parce qu'elle pouvait faire jaillir le sang du bout de ses doigts agiles qu'elle était meilleure que moi. Bien au contraire. Elle il lui fallait bouger, se battre pour obtenir ce qu'elle voulait. Moi, un simple ordre de ma part suffisait à faire mourir les hommes.
A faire crever les chiens.

E.X.P.L.O.S.I.O.N.
A force de trop penser, à force de trop se taire, je n'avais qu'une envie ; celle d'exploser, de remplir cette ruelle sinistre et dégoûtant d'un dégueulis de mots, de sang, de vomi de tout mon être. Une libération de mes sentiments.
Mais je ne bougeai pas.
Mes yeux bleu posés sur celle en face moi.
J'attendai.

- Je ne dirait rien.

J'attendai toujours.
Ce n'était pas la réponse que j'escomptais. Enfin si, elle était juste, les mots étaient parfaitement choisis, impécablement dessinés, impacablement destinés. Mais ces yeux n'étaient pas en accord avec tout ça. C'était des yeux emplis de dégoût. Elle se sentait supérieure. Comme si le simple fait de savoir qui j'étais pouvait lui permettre de me regarder de haut.
Elle se fichait de moi.
Comment pouvait-elle se permettre de me juger ? Cette... gamine ne savait rien de moi, de ma vie, des raisons qui m'avaient pousser à me retrouver ici.

- Tu ne diras rien, mais tu n'en penses pas moins. As-tu seulement réfléchis aux raisons qui me poussent à me trouver dans un endroit tel que celui-ci ? Tu pense à la fugue, tu crois que je fuis mon rang, mon pouvoir, mon devoir. Et ne nie pas, je le lis dans tes yeux. Mais au fond, tu n'en sais rien.Tu ne me connais pas, tu ne sais pas qui je suis. Tu te crois meilleure que moi parce que toi tu écoutes ton destin ? Tu es parfaite peut-être ? Alors essaie de te mettre à ma place et ne tire pas de conclusions si hâtives.

Je la foudrayai du regard... J'ai toujours eu du mal avec les gens dans son genre. Qui pose des jugements avant les questions. Peut-être, c'est vrai, qu'elle était partie sur une bonne théorie. Peut-être qu'elle avait compris que j'étais en fuite. Mais si j'utilisais cette fuite pour me rapprocher de mon peuple ? Pour mieux les comprendre ? Pour imaginer la détresse et les peurs des gens du bas-monde ?
Il faut comprendre pour mieux régner...
Evidemment, ce n'est pas ce que je fais, bien que l'idée m'ait traversé l'esprit plusieurs fois. De toute façon, je n'ai actuellement pas assez de pouvoir pour cela. Mais plus tard, peut-être que je pourrais utiliser toutes ces fuites, ces balades nocturnes pour m'aider à aider le peuple.

Cette Chasseresse ne me connaissait pas. Et elle n'avais pas le droit de me juger.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 29 Mai 2011 - 20:41

    Ça ne lui plaisait pas. Ce n'était pas ce qu'elle voulait entendre. Ou plutôt si, les mots convenait, mais pas le regard qui allait avec.

    - Tu ne diras rien, mais tu n'en penses pas moins. As-tu seulement réfléchis aux raisons qui me poussent à me trouver dans un endroit tel que celui-ci ? Tu pense à la fugue, tu crois que je fuis mon rang, mon pouvoir, mon devoir. Et ne nie pas, je le lis dans tes yeux. Mais au fond, tu n'en sais rien.Tu ne me connais pas, tu ne sais pas qui je suis. Tu te crois meilleure que moi parce que toi tu écoutes ton destin ? Tu es parfaite peut-être ? Alors essaie de te mettre à ma place et ne tire pas de conclusions si hâtives.

    Tiens donc, elle ne supportait pas d'être jugée ? Pourtant, elle le méritait. Elle avait trahi son rang. Elle avait quitté sa place. C'était inacceptable. C'était pour ça que Lunaris tuait les Pourpréens. C'était parce qu'ils agissaient comme elle qu'elle ôtait la vie à des êtres humains.
    Des êtres humains...

    Durant un vertigineux instant, Lunaris vit défiler tous ces visages. Pourpréens, voleurs, gêneurs. Tout ceux qu'elle avait assassiné parce qu'ils avaient transgressé les lois, parce qu'ils avaient brisé l'ordre qui régissait l'archipel. Tous humains. Poupréens ou non, ils étaient tous humains.

    Cette fille aussi.

    Devait-elle la tuer ? Appliquer la justice à un membre de la Famille qui avait créé cette justice ? Si on retrouvait le corps de cette jeune femme, demain, dans cette ruelle, personne ne la reconnaîtrait. Elle ne serait qu'une anonyme vidée de son sang dans les rues sombres.
    Une Proie tombée sur le Chasseur.
    La Famille Royale n'en entendrait jamais parler. Ça ne serait qu'un fait divers, vite oublié. Personne ne la chercherait. Oui, et si Lunaris la tuait, là, maintenant, si elle appliquait sa justice ? Cette fille était égoïste, inconsciente, et stupide. Elle n'avait pas sa place dans la Famille si elle ne s'en montrait pas digne. Elle était inutile.
    Pire, elle était peut-être même un fardeau.

    Oui, et si elle la tuait ?

    Lunaris ne su jamais si son désir de mort s'était affiché sur son visage, si sa volonté de tuer était apparue dans son regard. Mais jamais elle n'avait autant voulu une mort. Parce que l'existence même de cette fille insultait ses convictions. Parce que ce regard qui lui avait inspiré tant de respect dans la Tour la révulsait à présent.
    La tuer...
    Ça serait si facile. Cette fille était faible. Vraiment trop faible. L'ignorait-elle ? Elle n'était qu'une Proie. Une Proie qui avait osé regardait de haut le Chasseur. Ignorante. Condamnée.

    Lunaris avança d'un pas. Sa voix, chuchotée, était claire, presque douce, onctueuse, méprisante.

    - Tu pense qu'il ne faut pas juger les gens sans les connaître ? Applique donc cette noble pensée à ta petite personne. Tu ne sais rien de moi, de ce que je sais, de ce que je crois, de ce que je suis. Pense-tu m'être supérieure ? Dans ta Tour, entourée de valets, auréolée de toute la gloire de ta famille, peut-être, peut-être que tu l'es. Mais ici... Ici tu n'es rien. Non, tu es même plus bas que terre, car c'est moi qui te juge.

    Un autre pas. Lunaris était plutôt petite, mais elle avait quelque chose... La colère, peut-être, ou juste cette froide assurance, mais quelque chose qui lui donnait l'air plus grande.

    - Ici tu n'as personne pour exécuter tes ordres, personne pour craindre ton regard, personne pour t'être inférieur. Celle qui est supérieur à l'autre, c'est celle qui a le plus de pouvoir. Dans ta Tour, tu pourrais me tuer d'un claquement de doigt. Mais ici, tu pourrais taper du pied et hurler des ordres à t'en casser la voix... Tu n'a aucune emprise sur moi. Ici, tu es faible et je suis forte. Ici... Ici c'est moi qui ai le pouvoir de vie et de mort sur toi.

    Encore un pas. La distance qui les séparait s'amenuisait peu à peu. Et toujours, cette voix douce, calme, froide. La voix du Chasseur.

    - Ici, Princesse, tu n'as aucun droit, pas même celui d'exister. Moi, en revanche, j'ai le droit de te tuer. Ton sang et ton rang ne te protègeraient pas de ma colère. Car, vois-tu, j'aime et je respecte la Famille Royale. Mais je ne peux pas décemment croire qu'une fille qui erre dans les bas-quartiers soient une Altesse. Que tu ai le sang de la royauté ne change rien, si tu n'en a pas l'âme.

    Un pas, encore. Elles n'étaient plus séparées que par quelques mètres.

    - La différence entre nous n'est pas le rang ou le pouvoir. Parce qu'en ce moment, mon pouvoir est infiniment plus grand que le tien. Parce que ton rang n'a aucune valeur, puisque tu viens de la trahir à mes yeux. Non, la différence entre nous... C'est que tu possède précisément le défaut que tu me prête. Tu juge sans connaître. Tu vois une Chasseresse et tu pense que je suis à tes ordres. Mais la Chasseresse en question a beau recevoir les ordres de ton père, elle n'a aucune indulgence pour les sales gamines mal élevées et capricieuses qu'elle croise dans les bas-quartiers.

    Un dernier pas. Lunaris n'avait jamais autant parlé. Les mots s'enchaînaient, implacables, encore plus dur lorsqu'ils étaient prononcés avec cette voix si douce.

    - Vas-y. Ordonne ma mort puisque je t'ai insultée. Appelle. Personne ne répondra. Tu es seule et tu n'est qu'une Proie. Est-ce que tu comprends, maintenant ? Hors de cette Tour tu n'es plus une altesse. Tu as jeté aux orties ton rang, ce qui faisait de toi quelqu'un de digne de respect. En conséquence, tu ne mérite ni considération, ni même pitié. Tu n'es plus une Princesse, tu es une Proie.

    Et je suis le Chasseur.


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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 29 Mai 2011 - 22:28

J'avais l'impression que dans nos esprit, nos rôles ne cessaient de se mélanger. De danser l'un avec l'autre. Qui était supérieur, qui était inférieur ?
Jamais d'égalité.

La jeune fille avança d'un pas. Je ne bougeai pas d'un cil de papillon.

- Tu pense qu'il ne faut pas juger les gens sans les connaître ? Applique donc cette noble pensée à ta petite personne. Tu ne sais rien de moi, de ce que je sais, de ce que je crois, de ce que je suis. Pense-tu m'être supérieure ? Dans ta Tour, entourée de valets, auréolée de toute la gloire de ta famille, peut-être, peut-être que tu l'es. Mais ici... Ici tu n'es rien. Non, tu es même plus bas que terre, car c'est moi qui te juge.

Rien ? Pensait-elle vraiment qu'ici je n'étais rien ? Parce qu'elle pouvait me tuer, parce qu'elle avait la force et la capacité de m'écraser ? Ne voyait-elle que la force physique, le sang l'aveuglait-il à ce point ?
Deuxième pas.

- Ici tu n'as personne pour exécuter tes ordres, personne pour craindre ton regard, personne pour t'être inférieur. Celle qui est supérieur à l'autre, c'est celle qui a le plus de pouvoir. Dans ta Tour, tu pourrais me tuer d'un claquement de doigt. Mais ici, tu pourrais taper du pied et hurler des ordres à t'en casser la voix... Tu n'a aucune emprise sur moi. Ici, tu es faible et je suis forte. Ici... Ici c'est moi qui ai le pouvoir de vie et de mort sur toi.

Oui, c'était bien ça. Elle pensait m'être supérieur parce que j'étais considérée comme faible. Ca aurait pu presque me faire rire de voir à quel point elle me prenait de haut. Comme si je pouvais m'abaisser à crier ou à taper du pied... Me prenait-elle pour une gamine à ce point là ? Me pensait-elle incapable de me débrouiller toute seule ? Qu'elle se regarde un peu dans la glace... Ici c'était elle la gamine. Plus d'une dizaine de centimètres de moins que moi et je ne parle même pas de son âge.
Un nouveau pas.

- Ici, Princesse, tu n'as aucun droit, pas même celui d'exister. Moi, en revanche, j'ai le droit de te tuer. Ton sang et ton rang ne te protègeraient pas de ma colère. Car, vois-tu, j'aime et je respecte la Famille Royale. Mais je ne peux pas décemment croire qu'une fille qui erre dans les bas-quartiers soient une Altesse. Que tu ai le sang de la royauté ne change rien, si tu n'en a pas l'âme.

Un sang bleu qui tournait rouge... cette fille voulait-elle me tuer ? Cette fois-ci, un de mes sourcil de souleva. Je savais les Chasseurs sans trop de coeur, mais à ce point... Car même si je n'étais qu'une jeune fille errante dans les bas-quartiers d'Azura, même si je n'étais plus rien ici, étais-ce une raison pour me tuer ? Moi qui n'avait rien fait de menaçant à l'égard de cette gamine.
Encore un pas.

- La différence entre nous n'est pas le rang ou le pouvoir. Parce qu'en ce moment, mon pouvoir est infiniment plus grand que le tien. Parce que ton rang n'a aucune valeur, puisque tu viens de la trahir à mes yeux. Non, la différence entre nous... C'est que tu possède précisément le défaut que tu me prête. Tu juge sans connaître. Tu vois une Chasseresse et tu pense que je suis à tes ordres. Mais la Chasseresse en question a beau recevoir les ordres de ton père, elle n'a aucune indulgence pour les sales gamines mal élevées et capricieuses qu'elle croise dans les bas-quartiers.

Je n'avais jamais dis que je ne possédais pas les défauts que je prêtais aux autres. Je n'avais jamais exprimé que je puisse être autre chose que la fille d'un Prince qui se prend pour une personne un peu trop importante et à l'orgueuil surdéveloppé. Je n'avais jamais tenté de cacher ou nier mes défauts.
Un autre pas.

- Vas-y. Ordonne ma mort puisque je t'ai insultée. Appelle. Personne ne répondra. Tu es seule et tu n'est qu'une Proie. Est-ce que tu comprends, maintenant ? Hors de cette Tour tu n'es plus une altesse. Tu as jeté aux orties ton rang, ce qui faisait de toi quelqu'un de digne de respect. En conséquence, tu ne mérite ni considération, ni même pitié. Tu n'es plus une Princesse, tu es une Proie.

Une Proie ? Et qui lui a ordonné ma mort ? Je croyais que les Chasseurs n'étaient là que pour tuer les Pourpréens et défendre la sécurité d'Azura ? En quoi représentai-je une menace pour la ville ?
Laissez moi rire...
Cette fille me disait incapable de respecter mon rang, mais le faisait-elle elle-même ? Question ouverte, on m'a interdit de juger, non ? Je ne lançai donc qu'une simple supposition.
Une supposition aux airs de vérité.

- C'est bon, tu t'es bien défoulée ? Tu t'imagines quoi à présent, que je vais me mettre à crier, à m'offusquer, à tenter de te gifler ? Je ne te ferais pas ce plaisir, parce que, tu vois, toi et moi on est un peu pareil sur les bords. On juge trop vite. On dédaigne les autres. On se croit supérieur. Mais tu vois, il y a un truc que toi t'as pas compris sur moi. Avec tes petites menaces de mort qui me font doucement rire... C'est que moi, je n'ai pas peur de la mort.

Je glissai une main dans mon corset, sortant mon poignard. Puis je le lançais en direction de la Chasseresse. Je ne tentais pas de la tuer ni quoi que ce soit, je connaissais les limites de mes talents avec une lame. C'était juste une façon de lui passer mon arme.

- N'hésite donc pas à me tuer. Avec ma lame, avec la tienne, avec ce que tu veux. Tue moi, tue ce prétendu rien puisque tu en as temps envie. Rien ne t'en empêche.

Un sourire trotta sur mes lèvres. Ma vie était entre ses mains, mais je n'avais pas peur. Absolument pas peur. Car la mort ne m'effrayait pas.

Qui était la Proie ?

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Lun 30 Mai 2011 - 16:18

    - C'est bon, tu t'es bien défoulée ? Tu t'imagines quoi à présent, que je vais me mettre à crier, à m'offusquer, à tenter de te gifler ? Je ne te ferais pas ce plaisir, parce que, tu vois, toi et moi on est un peu pareil sur les bords. On juge trop vite. On dédaigne les autres. On se croit supérieur.

    *Je ne me crois pas supérieure. J'ai conscience du gouffre qui nous sépare. Mais sans ton rang, tu n'as pas le moindre pouvoir. Le comprends-tu ? Tu es à égalité avec le commun des mortels. Avec le peuple d'Azura. Avec moi. Tu n'es plus qu'un pion. Tu n'es plus rien. Est-ce que tu es au moins capable de comprendre que c'est notre lot à tous, pauvre ignare ?!*

    Les mots restèrent pensées. Ils lui brûlaient la gorge mais elle ne prononça pas. A quoi bon ? Cette fille n'aurait pas comprit. Aveuglée par l'éclat de l'or et du pouvoir jusqu'à en oublier que le monde ne tournait pas autour de son nombril. Indigne du rang qui lui avait été accordé à la naissance.

    - Mais tu vois, il y a un truc que toi t'as pas compris sur moi. Avec tes petites menaces de mort qui me font doucement rire... C'est que moi, je n'ai pas peur de la mort.

    Lunaris retint un ricanement narquois. Pas peur de la mort ? Elle aurait du essayer une approche différente. Ce n'était pas la mort qui faisait peur. Mourir, c'était comme s'endormir, paisiblement. Non, ce qui faisait peur dans la mort, c'était la destruction de tout notre univers, la destruction de ce qu'on connaissait, de ce qu'on aimait. Des choses simples comme la lumière du jour ou la caresse du vent, comme le son d'une voix amie ou le goût d'un fruit.

    Lunaris non plus ne craignait pas la mort.

    Elle craignait de perdre ce pour quoi elle avait parcouru tout ce chemin. Elle avait peur de perdre sa raison de combattre. Sa raison de vivre. Sa raison d'être.

    La fille lui lança son poignard. Lunaris ne regarda même pas la lame qui fonçait vers elle, et elle l'attrapa d'un geste nonchalant, quasi-naturel. La Chasseresse était peut-être incapable de porter un coup correct avec une épée, mais question lancé d'armes, il ne fallait pas se moquer d'elle. Elle aurait pu attraper ce couteau avec les pieds, les yeux fermés.

    - N'hésite donc pas à me tuer. Avec ma lame, avec la tienne, avec ce que tu veux. Tue moi, tue ce prétendu rien puisque tu en as tant envie. Rien ne t'en empêche.

    Lunaris haussa un sourcil. Elle fit tourner la dague dans sa main, appréciant son toucher lisse et chaud. Une arme trop ostentatoire mais de bonne qualité.
    Elle fixa un instant la Princesse, puis plissa les yeux. Ça lui donnait un air de chat en colère.

    - La Famille Royale est la tête du Royaume. C'est elle qui donne le ton, c'est elle qui guide et commande tous les Azuriens. Ils sont sensés inspirer la foi et la loyauté. Mais que reste-t-til de la Famille Royale si on n'a plus envie de se battre pour elle ? Rien.... Et si un membre de la Famille faillit à sa tâche, s'il l'abandonne... Sans son rang, sans sa couronne, que lui reste-t-il ? Rien.

    La dague cessa de tourner.

    - C'est comme un soldat qui déserte. C'est pire qu'un fardeau. C'est une nuisance.

    Le poignard trouva tout naturellement sa place dans la paume de la Chasseresse. Tenir une arme, c'était un geste si naturel. Elle fixa un instant la lame, pensive, puis planta son regard ambré dans les yeux de glace de la princesse.

    - Tu n'a pas l'air capable de comprendre ça.

    C'était tout ce qu'elle avait à dire. Lunaris n'ajouta plus rien. Elle avait lâché tout ce qu'elle avait sur le coeur. Même si cette fille n'en retiendrai rien, même si ça ne changerait rien, Lunaris l'avait dit. Que ce soit à cette pimbêche ou à la nuit, ça ne changeait rien.

    Lunaris s'élança.

    Elle était rapide et n'avait pas marqué d'hésitation. Elle voulait la tuer, c'était tout. Le temps d'un battement de paupières et la dague sertie d'un rubis serait plantée dans le cœur de cette fille arrogante. Un geste simple, rude, efficace. Accompli des dizaines de fois.

    Mais pas aujourd'hui. Pas cette nuit.


    Parce qu'une main, surgit de nulle part, arrêta l'arme de Lunaris à un pas à peine de sa cible.


    Une silhouette s'était interposée. Un homme d'une quarantaine d'année, au teint clair et aux cheveux d'un noir de jais. Il aurait pu passer pour le frère de Lunaris, si ses traits étaient moins dur et si ses yeux avaient ambrés et non gris métal. Enveloppé dans un manteau noir, il était presque invisible dans l'ombre.
    Un instant, la scène resta figée. Lunaris, arrêtée en plein élan, son bras tendu, la lame pointée vers la poitrine de sa Proie, ses longs cheveux flottant derrière elle comme une cape. La main de l'homme, serrée en une poigne de fer autour du poignet de la jeune fille. Et leurs regard, l'un couleur d'or et l'autre couleur d'acier, qui se défiaient.

    Puis Cael Noctis, Chasseur et mentor de Lunaris, lâcha le poignet de son élève. Elle abaissa son arme, recula d'un pas, mais elle ne détourna pas les yeux.
    Elle ne regrettait rien. Elle l'aurait fait sans hésiter.

    - Les Chasseurs ne font pas ce genre de travail.

    Cael n'avait même pas jeté un regard à Nynia. Il tendit la main, récupéra l'arme que Lunaris tenait, et l'observa dans l'espoir qu'elle montrerait un peu de remord. Peine perdue. Désarmée, la Chasseresse croisa les bras avec défi, et son mentor poussa un profond soupir.

    -Va t'en.

    Lunaris inclina la tête sans répondre. Son regard plein de dédain passa sur la princesse, puis elle tourna les talons. Sans se presser. Le dos droit, la démarche fière. Aussi royale qu'un membre de la Famille lors d'une cérémonie.
    Cael pivota vers la princesse. Il la regarda de haut en bas, puis un mince sourire étira ses lèvres et il lui tendit la dague sertie d'un rubis.

    - Je sais que vous n'écoutez personne, Princesse Nynia Felfae. Mais tâchez vous souvenir de ce qui s'est passé cette nuit.


_____________________

(Il va falloir clore ce RP, tu va pas passer la nuit dehors non plus ^^)

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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Dim 12 Juin 2011 - 1:38

[Ici Durn, j'empêche ce rp de partir n'importe comment. Encore un peu dans ce sens-là, et c'était Avatar de justice toutes les deux ! Une vraie catastrophe. On va plus vous laisser ensemble, vous faites des bêtises. En cas de contestations de mjtage, allez sur le forum consacré]

    Cael Noctis haussa un sourcil après s'être retourné vers Lunaris, le code qu'il avait décidé avec son confrère pour lui dire de suivre la petite princesse.
    Un chasseur devenu invisible, quoique détectable s'il était mis en pleine lumière, suivrait durant toute la soirée la petite Felfae pour l'empêcher de faire des âneries.
    Elle disparut vers une taverne, sûrement désireuse de fête.
    Heureusement que Cael avait pu compter sur la discrétion du célèbre Chasseur de l'ombre, le meilleur espion et tueur de la caste...Enfin, il se doutait que son ami avait des excentricités et que la présence de Cael dans son lit était l'un de ses objectifs. Et d'un certain côté, cette idée ne lui déplaisait pas totalement.

    - Suis-moi, Aina.

    Il l'avait appelée par son ancien nom.

    Elle marcha derrière lui, tenta de défendre sa cause...

    - Encore un mot, Aina et je te jure que je n'hésiterai pas à te tuer.

    Non, il ne la tuerait jamais. Mais il fallait qu'elle comprenne qu'elle allait perdre son père de coeur. Elle avait été sa plus grande fierté. Son dernier apprenti avait succombé au cours de son opération, un membre de la famille royale était entré précipitamment dans le palais pour récupérer et détruire le corps...Un sacré chaos lui était retombé dessus. Mais il s'était rattrapé en mettant le feu à ce navire pirate qui s'approchait dangereusement de Lertea.

    Ils étaient devant la porte sud du palais, entrèrent mais ne continuèrent pas sur le couloir, ils poussèrent délicatement le tableau qui cachait le passage.
    Ils étaient finalement dans les sous-sols des chasseurs. Une opération se faisait, des chasseurs exerçaient leurs pouvoirs, d'autres s'entraînaient.

    - Tu m'as énormément déçu.

    La sentence était tombée. Une première plaie. Il fallait maintenant continuer, ouvrir cette blessure.

    - Tu as perdu ton contrôle comme une enfant qui tape du pied au sol. C'était intolérable. Qu'importe qui te parle, tu es une Chasseresse, tes talents sont au service de la famille royale mais la famille royale est au service de l'archipel. Utiliser ce que je t'ai appris pour tenter de poignarder une enfant dans la rue, c'est non seulement une tentative de meurtre, mais une trahison envers moi et envers tous les chasseurs. Une trahison envers tout l'archipel.

    Cael s'assit et sortit un cigare. Un de ceux qu'il gardait en stock pour se détendre. Qu'allait-il faire de cette fille ? C'était une première dans l'histoire des chasseurs...Nynia ne parlerait pas, l'autoproclamé roi des ténèbres devait déjà être en train de lui expliquer la situation, mais il ne pouvait laisser Lunaris sans punition ! Elle avait failli commettre un meurtre ! Elle avait failli tuer une enfant innocente, tout ce qu'elle dirait n'y changerait rien.

    - Quel est ton problème avec la famille royale ? Les fugues de cette fille seraient une démission ? Tu es folle, moi, je trouve ça attendrissant qu'une fille découvre la vie, la vraie vie. Et puis, elle apprend à être au contact du bas et moyen peuple, ça n'en sera que profitable à la famille royale.

    Il tira une bouffée de son cigare, se souvenant de la première fois qu'il était venu là il y a trente ou trente-cinq ans. Les sous-sols étaient inoccupés, il n'était qu'un petit noble éperdument amoureux. Ils s'étaient enlacés ici, à même le sol. Durant six mois ils s'étaient retrouvés dans ses sous-sols...Jusqu'à ce qu'on en fasse le quartier général des Chasseurs. Cael était parmi les premiers chasseurs, il n'avait pas envie de perdre cet endroit qui représentait tant pour eux. Même s'ils ne pourraient plus s'y retrouver, il pouvait quand même rester ici.
    Et puis, ils s'étaient arrêtés d'eux-mêmes. Il faudrait peut-être que Cael lui reparle un jour. Après tout, leur liaison n'avait jamais été découverte par la famille royale. Il était vrai qu'apprendre qu'un membre de la famille royale qui couchait avec son soi-disant meilleur ami de la noblesse aurait été extrêmement mal vu. Quoique, quand on connaissait les mœurs de certains dans cette famille...

    - En temps normal, ça se serait réglé par l'échafaud. Mais tu es une chasseresse, donc, on devrait te retirer ton pouvoir et t'envoyer à Shinia. Sauf que l'opération inverse ne réussit pas toujours, si elle rate, on ne se fatiguera pas, on te sectionnera les nerfs de la colonne vertébrale. Une fois tétraplégique, tu pourras aller à Shinia sans être un danger pour les autres bagnards et pour les veilleurs. Mais non, pour qu'on prenne une mesure pareille, il faut que la fille se plaigne et elle a trop à perdre. Mais moi, je ne veux pas laisser ça impuni. Nous passerons outre la famille royale. Nous trouverons une solution entre chasseurs.

    Il cria deux noms, et un chasseur sauta du plafond aulequel il était accroché comme un lézard et un autre à la carrure de combattant d'élite poussa le rideau qui séparait la petite pièce du reste du quartier.

    - Surveillez-la mes chers amis. Je vais chercher l'autorité concernée.

    Il se dirigea vers la femme qui inspectait l'armurerie. La belle rousse aux yeux verts à moitié recouverts d'une capuche se retourna vers lui.

    - Que veux-tu ? Je croyais que nous étions en froid.

    - Nous sommes adultes, non ? Pas la peine de jouer à celui qui boude. J'ai un soucis.

    Il expliqua la situation ainsi qu'à deux autres chasseurs, les débats durèrent une petite demi-heure.

    Ils vinrent à quatre, poussèrent les rideau. Les sept chasseurs étaient un peu serrés dans la petite salle, ainsi le déshonneur de Lunaris serait complet : Pousser la patronne à se coller à l'homme à femme.

    Mais l'habituel amoureux de toute la gente féminine se fichait de la promiscuité des fesses de la patronne, il n'y avait que cette gamine idiote et indigne de son rang de chasseresse devant lui.

    - Lunaris, déclara Cael, nous avons pris notre décision. Les circonstances nous poussent à envisager la peine de mort, que nous appliquerions nous-même, sans tenir quiconque informé dans les hautes instances...Mais nous te laissons une chance.

    Cael fut tout de même terrifié, fallait-il envoyer Lunaris à cette mission-suicide ?

    - Dans un mois, tu prendras un bateau pour Tinea. Cette fois-ci, tu ne seras pas un émissaire. Tu seras notre espionne. Nous avons des preuves que ces traîtres recherchent à contourner le blocus du Cercle pour se procurer des armes chez les trafiquants. Trouve le nom des trafiquants, fais l'inventaire des capacités de Tinea et tu pourras rentrer sans soucis. Officiellement, tu seras l'envoyée de "l'ordre noir". Personne ne sait que cette organisation a été démantelée. Si tu réussis, tu seras réhabilitée.

    - Si tu meurs, essaye de faire parvenir ton cadavre à l'un des bateaux du Cercle, qui mouillent à l'ouest.

    - Si tu vis et que tu rates ton coup, inutile de revenir. Tu ne trouveras ici que la mort.

    Les trois chasseurs qui avaient décidé de la punition sortirent, suivi par les deux qui s'étaient dévoués pour la surveiller.
    Cael resta avec elle.

    - J'espère que tu mesures les conséquence. Tu ne recevras aucune mission avant d'avoir réussi celle-là, elle est en théorie totalement en-dehors de tes capacités...

    [Lu', inutile de commencer de nouveaux rps, ton personnage pourrait ne pas survivre au prochain. Nous allons clore notre rp rapidement et tu seras mjté par moi-même ou par Sara Avilda durant ta mission sur Tinea. Ne t'étonne pas, il est normal qu'il y ait des conséquences. Et encore, j'ai été gentil.]

    ***

    Il suivait la petite depuis un moment. A croire qu'elle avait vu cet indiscret de Cael, c'est sans doute pour cette raison qu'elle s'était permise de parler sur ce ton à la folle de service.
    Pourquoi avait-il accepté d'aider Cael ? Ah, oui...Parce qu'il s'agissait sans doute du seul homme attirant parmi tous les chasseurs...Et que sa sexualité sautait aux yeux du connaisseur qu'il était.
    La fille but dans une taverne, se fit courtiser par des crétins auxquels elle savait répondre.
    *Pour une gamine qui a passé sa vie dans ce palais sinistre, elle a une bonne répartie*

    Et dans une auberge, surement la dernière de sa liste, le patron insista pour lui faire visiter les chambres. Elle avait sans doute eu la bêtise de dire qu'elle ne rentrerait pas forcément chez elle.
    *Bon, profitons-en pour lui parler*
    L'invisibilité du chasseur de l'ombre était un avantage sans précédent. Aucun intérêt en combat, un type attentif pouvait distinguer ses contours mais l'un des meilleurs dons quand il s'agissait de l'assassinat discret ou de l'espionnage.
    Il sortit du double-fond de son manteau une petite lame, prit une fiole de tranquillisant soigneusement recouverte de tissus épais pour l'empêcher de se briser et versa le liquide sur la lame.
    La fille essayait de se débarrasser du tenancier, rien n'y faisait. Autant abréger ce déplorable spectacle tant qu'ils étaient à l'abri des regards.
    Une légère entaille sur la nuque de l'homme suffisait.
    Ce pauvre garçon s'écroula, et derrière, le Chasseur était redevenu visible.


    - Bonsoir princesse, je suis votre humble serviteur. Puis-je prendre quelques minutes de votre temps ?

    Il n'y avait évidemment pas de refus possible et cette fille le savait. Elle avait eu suffisamment de sensation pour aujourd'hui.

    - Que ce soit clair, je hais les jugements de valeurs. Je ne suis pas votre père, je n'ai pas mon mot à dire sur vos escapades. D'ailleurs, je considère qu'il est très malsain pour la jeunesse de ne pouvoir sortir de ce palais sordide sans découvrir le monde autrement qu'entourée d'une escouade de gardes...C'est d'un pathétique.

    Il s'assit sur le lit, contemplant la lune par la fenêtre. Il invita sa jeune interlocutrice à s'assoir.

    - Voyez-vous, le monde est plein de dangers...Mais on y trouve des tas de merveilles. Vous avez fait l'expérience de l'un des dangers: La folle furieuse qui injurie tous les Chasseurs par son comportement désastreux. Le problème, c'est que vos escapades sont déjà connues de certains chasseurs qui s'en sont rapportés à un membre de votre famille que je ne nommerais pas. Il a voulu vous protéger, n'est-ce pas charmant ? Il nous a ordonné, enfin spécialement moi, de vous surveiller de loin, en n'intervenant qu'en cas de problèmes. Sur le coup, Cael me remplaçait et je voulais qu'on s'y mette à deux, alors je l'ai accompagné, c'était tellement romantique.

    Il laissa échapper un rire. Passant la main dans ses cheveux mi-longs, il repensa à l'époque où son meilleur ami, que tous croyaient être son amant, avait été assassiné pour ses prétendues mœurs. Sauf que ce n'était que son meilleur ami. Drenar allait se marier avec son amie d'enfance, Drenar projetait déjà d'avoir des enfants...Et le futur Chasseur observait son ami en se disant qu'il avait bien de la chance d'être suffisamment courageux pour fonder une famille.

    Les yeux bleu clair du Chasseur faillirent laisser passer une larme.


    - De notre côté, le résumé des évènements ne parviendra qu'à la personne dont je te parle. C'est elle qui prendra la décision qu'il convient de prendre. Soit elle continue sur sa lancée et te couvre, soit elle décide qu'une tentative de meurtre fut suffisante et tu seras coincée dans cet horrible palais et cette fois, fuguer sera difficile.

    Le Chasseur posa le regard sur l'aubergiste endormi sur le sol...En théorie, il ne se réveillerait pas avant une petite heure, elle pourrait toujours sortir de la chambre en disant qu'il a fait une crise cardiaque.

    Non, elle était là depuis trop longtemps, ça laisserait présager de mauvaises idées...Tout le monde était ivre mort, il l'aiderait à sortir par la fenêtre et on croira qu'il a eu un malaise en nettoyant la chambre.


    - Dis-moi, tu tires des leçons de l'histoire ?

    [Lunaris, tu peux commencer le post à Tinea. Tu répondras une fois ici et puis basta. Nynia, ton entrevue avec un chasseur homosexuel juste à côté du corps d'un ronfleur dont la raie des fesses est visible continue encore un ou deux posts. Si vous voulez savoir ce que je reproche à ce rp, c'est son irréalisme et spécialement le dernier post de Lu'...Et même si j'acceptais, la réaction est appropriée.]
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Nynia Felfae
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MessageSujet: Re: Au détour d'une rue [Nynia]   Lun 13 Juin 2011 - 18:35

- La Famille Royale est la tête du Royaume. C'est elle qui donne le ton, c'est elle qui guide et commande tous les Azuriens. Ils sont sensés inspirer la foi et la loyauté. Mais que reste-t-til de la Famille Royale si on n'a plus envie de se battre pour elle ? Rien.... Et si un membre de la Famille faillit à sa tâche, s'il l'abandonne... Sans son rang, sans sa couronne, que lui reste-t-il ? Rien.

J'avais envie de lui crier en visage. Qu'est-ce qu'elle en savait qu'il ne me resterait rien, hein ? Comment cette gamine prétentieuse qui avait toujours vécu libre pouvait-elle imaginer une seule seconde ce que c'était de vivre à ma place ? Et comment pouvait-elle se permettre l'injure de mettre des mots sur ce qu'il restait de moi ?
Quelle poisse.
L'espace d'une seconde, une seule et unique seconde, j'imaginai sa réaction si je me mettais à lui cracher toutes les vérités auxquelles j'avais pensé. Une seule et unique seconde. Il fallait que je garde mon sang froid. Mais c'était dur, très dur. Parce qu'au fond, moi aussi je suis humaine.

- C'est comme un soldat qui déserte. C'est pire qu'un fardeau. C'est une nuisance.

Comment osait-elle ? Me comparer à un soldat ? Moi, Nynia Felfae, fille du prince Felfae, membre de la Famille Royale. Et humaine. Surtout humaine. Je n'avais pas choisis de devenir ce que j'étais. Jamais. Comment quelqu'un aurait-il pu décider de vivre avec une mère qui n'a que faire de vous et un père trop occupé pour prendre soin de votre vie. D'enfance je n'en avais jamais eu. Pas de vrai enfance emplie de rire et de jeux.
Toute ma vie résonnait de solitude.
Alors certes, j'avais certains privilèges que d'autre n'avaient pas. J'étais riche, j'avais une part du pouvoir et, du point de vue matériel, tout ce que je désirais. En dix-neuf ans de vie, je ne me suis jamais plainte. Jamais, jamais, jamais. Pas un soupir, un mot plus haut que les autres, une injure à l'encontre de mes parents et de ma situation. J'avais grandi et j'étais devenue un être froid, quasiment insensible, apte à supporter le manque d'amour dans lequel je vivais.
Mais je restais humaine.
Comme un soldat lui aussi reste humain.
Et parfois, j'avais besoin de respirer. De lâcher prise avec ma réalité, avec la réalité du palais. J'avais besoin de sentir la chaleur des gens autour de moi et pas de simples regards empris d'un mépris respectueux. Mais ça personne ne peut comprendre.
Comme personne ne peut comprendre pourquoi un soldat déserte.
Les humains sont tous si égoïstes qu'ils ne parviennent pas à se mettre dans la situation d'autrui. Ils ne voient que les qualités. Et cette Chasseresse ne voyait en moi que l'argent, le pouvoir, la belle vie.

- Tu n'a pas l'air capable de comprendre ça.

Non. Effectivement. Je ne comprenais pas. Comme elle ne comprenait pas non plus ma situation. L'incompréhension régnait sur la nuit et c'est sans doute sur ça que s'achévrais ma vie.
Deux femmes.
A la trop grande fierté.
L'une tuant l'autre.
Pour cause... d'incompréhension ?

J'hésitai à fermer les yeux, mais je ne pu m'y résoudre. J'avais envie de voir la mort s'approcher de moi, de sentir son haleine fétide se glisser dans mes narines et ses mains crochues s'emparant de mon âme pour l'amener au loin. Même face à la mort je gardais ma fierté, mon honneur.
Oui. Peut-être bien que je suis pathétique.
La lame brilla. Ma lame. N'étais-ce pas comique de mourir tuer par sa propre arme ? Pour peu j'en aurais presque ris. Mais je préférais mourir dans le silence. Laissez-moi au moins le respect qui m'est dû...
La lame ne bougea pas.

- Les Chasseurs ne font pas ce genre de travail.

L'homme avait été si discret que je ne lâvais pas discerné avant d'entendre sa voix. Il était de ceux qui ne se faisait voir que quand ils en avaient le désir. Ceux qui étaient plus discret qu'une ombre. Un Chasseur. Un vrai. Pas comme cette espèce de caricature qui avait voulu me tuer.
Cael Noctis.
Même moi je ne pouvais éprouver rien d'autre que du respect face à lui.

-Va t'en.

La jeune femme disparu dans la nuit, droite, terriblement droite, beaucoup trop droite. On aurait dit une membre de la Famille royale... Comment pouvait-elle prétendre à ce rôle ?

- Je sais que vous n'écoutez personne, Princesse Nynia Felfae. Mais tâchez vous souvenir de ce qui s'est passé cette nuit.

Je récupérai ma dague sans pour autant répondre à Cael. Ma fierté en aurait trop souffert d'admette qu'il eusse raison.

* * *

Après cette rencontre, je me doutais bien que j'aurais dû rentrer. Surtout que si mon père était mis au courant par les Chasseurs de mon escapade nocturne...
Je ne supporterais pas de voir la déception dans le regard de mon père.
Je me glissai dans quelques tavernes, les premières qui se dressaient sur ma route, sans vraiment réfléchir. Pas de vin pour cette nuit, je me suis mise à la bière, une bière âpre, dégueulasse, quelle que soit la taverne que je fréquentais. Je repoussai continuellement les dragueurs ivres, je n'avais pas la tête au contact humain.
J'étais perdue dans mes pensées.
Je fini dans une auberge à l'allure dégueulasse. Comme toutes les autres.

- Alors ma d'moiselle ! Déception amoureuse ? Ou alors tu t'fais batt' par ton père ?

Je le fusillai du regard. Personne n'avait le droit de traiter ainsi mon père. Personne.
Mais cet homme ignorait qui j'étais...

- Non, j'avais juste besoin de penser à autre chose...
- Dans c'cas là, t'resteras bien ici. J'ai justement que'ques chambres... des chambres deux places s'tu vois c'que j'veux dire.

Sa main grasse attrapa ma main dans un geste qui se voulait sans doute sensuel mais qui, à mes yeux, paraissait ridicule. Mais sa poigne était trop forte sur mon poignet et je ne pouvais pas lui résister. Alors quoi ? Je venais de survivre à une Chasseresse et là je ne pouvais même pas résister face à cet aubergiste.

- Lâchez-moi !

J'avais beau crier, me débattre, rien ne marchait. On aurait dû une gamine.
Décidemment ce soir, j'étais pathétique.
Et soudain, la pression se libéra. L'aubergiste venait de basculer dans l'inconscience, sans la moindre raison particulière. Sans raison ? Vraiment ? Alors qui était cet homme que je n'avais même pas vu arriver ?

- Bonsoir princesse, je suis votre humble serviteur. Puis-je prendre quelques minutes de votre temps ?

J'hochai la tête, bien qu'à l'évidence, ce ne fusse pas une question.

- Que ce soit clair, je hais les jugements de valeurs. Je ne suis pas votre père, je n'ai pas mon mot à dire sur vos escapades. D'ailleurs, je considère qu'il est très malsain pour la jeunesse de ne pouvoir sortir de ce palais sordide sans découvrir le monde autrement qu'entourée d'une escouade de gardes...C'est d'un pathétique.

Un serviteur de la Famille Royale... Un Chasseur sans le moindre doute. Super. C'était la soirée des grandes rencontres.
L'inconnu s'assis sur le lit, m'invitant d'un geste à l'y rejoindre. Je ne bougeai pas, préférant garder ma position de supériorité en étant debout. Bien que je sache pertinament que dans ce lieu, j'étais de loin inférieur à cet homme.

- Voyez-vous, le monde est plein de dangers...Mais on y trouve des tas de merveilles. Vous avez fait l'expérience de l'un des dangers: La folle furieuse qui injurie tous les Chasseurs par son comportement désastreux. Le problème, c'est que vos escapades sont déjà connues de certains chasseurs qui s'en sont rapportés à un membre de votre famille que je ne nommerais pas. Il a voulu vous protéger, n'est-ce pas charmant ? Il nous a ordonné, enfin spécialement moi, de vous surveiller de loin, en n'intervenant qu'en cas de problèmes. Sur le coup, Cael me remplaçait et je voulais qu'on s'y mette à deux, alors je l'ai accompagné, c'était tellement romantique.

Son rire me laissa de glace. Un membre de ma famille. J'étais focalisée sur cette partie là de ses paroles. Et une question se formait lentement dans mon cerveau.

- De notre côté, le résumé des évènements ne parviendra qu'à la personne dont je te parle. C'est elle qui prendra la décision qu'il convient de prendre. Soit elle continue sur sa lancée et te couvre, soit elle décide qu'une tentative de meurtre fut suffisante et tu seras coincée dans cet horrible palais et cette fois, fuguer sera difficile.

Je prenais lentement conscience de ses mots. Prisonnière. C'est ce que je risquais. Tout ça à cause de l'autre ridicule gamine que j'avais rencontré...

- Dis-moi, tu tires des leçons de l'histoire ?

Je m'étais tue jusque là. Mais cette fois-ci les mots sortirent tous d'un coup, trop longtemps contenu dans ma gorge. D'une voix calme, très calme.

- On ne devrait pas avoir le droit de retenir des gens contre leur droit. Même si on les enferme dans un palais doré. Un jour je l'ai compris et c'est pour ça que je suis partie. Même si je reviens à chaque fois. J'ai rencontré des gens, des voyageurs, j'ai même appris le verbe aimer. L'autre dans la ruelle elle ne peut pas comprendre ce que ça fait d'avoir ma vie.

Une larme tenta de se frayer un chemin jusqu'à mes yeux. Mais j'étais une princesse et je ne pleurais jamais. La larme resta bloquée au coin de mes cils.

- Je ne comprends pas que quelqu'un vous ait demandé de veiller sur moi. Personne ne m'apprécie dans ma famille. On me respecte parce que je suis la fille de mon père, mais c'est tout. Personne ne m'aime. Même pas mes parents. Surtout pas mes parents.

Je repris mon souffle, l'espace d'un instant ma voix avait tremblé. Il fallait que je me reprenne. J'étais une Princesse.

- Vous savez, je n'ai jamais eu peur de la mort. Alors quand cette fille m'a menacé de me tuer... Non, sur le moment je n'en avais vraiment rien à faire. Par contre à l'idée de ne plus pouvoir sortir de ce palais... Mais bon. De toute façon, vous ne pouvez pas comprendre.

Ma voix ne sonnait en aucun cas comme un jugement ou une accusation. Je constatais un faite. Car personne ne peut comprendre personne. Pas sans avoir vécu les mêmes expériences. Hors lui était Chasseur et moi Princesse. Lui suivait le vent totalement libre pendant que moi j'ordonnais du haut de ma tour doré. Liberté contre prison.
Qui a le plus triste destin ?

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    "Et sur l'albâtre ou je repose
    Un poète avec un baiser
    Écrivit : Ci git une rose
    Que tous les rois vont jalouser."
    * Théophile Gautier
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Au détour d'une rue [Nynia]
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