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 Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]

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Elvyra Mantel
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MessageSujet: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Dim 12 Juin 2011 - 17:48

    La lame fendit l’air avec un sifflement glacial, filant vers sa cible avec précision, prête à se planter dans la poutre de bois moisi face à elle. Elle suivit une courbe parfaite, virevolta une dernière fois…
    Avant que le pommeau de l’arme ne vienne toucher la cible en premier et que le poignard ne tombe lourdement sur le sol, inutile. Encore un lancé raté. Le dixième depuis ce matin, lorsque j’avais décidé d’apprendre à me servir convenablement du petit joujou que Gaël m’avait donné. Mais je ne devais pas être destinée au métier d’armes, au vu de la piètre qualité de mon entraînement. Je n’étais qu’une voleuse des faubourgs, je savais voler une bourse ou quoi que ce soit d’autres de poches d’un passant suffisamment inattentif pour ne pas prêter attention à mes faits et gestes mais j’étais incapable de tenir tête aux quelques fines lames qui courraient les rues et avec qui j’avais déjà eu quelques démêlés. Je m’étais pris une rouste à chaque fois…
    J’avais donc décidé de me soumettre à un apprentissage plus poussé du maniement du poignard, tout en sachant pertinemment qu’il me faudrait des années pour atteindre ne serait-ce qu’un dixième du niveau que possèdent les gars des rues. Mais c’était le seul moyen pour ne pas mourir égorgée dès la nuit venue. Je me demande encore ce qui a prit à ma mère de passé dans l’au-delà alors que je n’avais que sept ans ! A ses côtés, peut-être aurais-je eu un destin plus chanceux.


    J’allais ramasser mon arme, obstinée à planter ma lame dans cette foutue poutre, au moins une fois, histoire de me dire que j’aurais au moins réussit quelque chose dans cette journée. Malheureusement pour moi, mon poignard en avait décidé autrement : la lame, épuisée par tant d’effort, s’était brisée en deux. Je retins un juron qui aurait fait frémir le plus dépravé des moines de Linea et saisit ce qui restait du cadeau de Gaël. Je n’avais aucune connaissance en ce qui concernait le métier de forgeron, pas plus que je n’en avais en finance pour savoir combien me coûterait de faire réparer mon outil. En fait, je n’avais pas de connaissances pour grand-chose. Je jetais mes affaires dans ma besace avant de me lancer à la recherche d’un forgeron qui puisse me venir en aide. Je n’avais rien pour le payer, évidemment, mais je pouvais très bien m’enfuir en courant une fois le travail rendu, après tout, je courais vite. Ou, au pire, je pouvais m’arranger avec mes charmes, mais ça c’était moins drôle... et moins risqué aussi.
    Je finis pas trouver mon bonheur : une échoppe d’où s’échappait de lourdes fumées noires avec la forte odeur du charbon et le bruit fracassant du marteau frappant le fer brûlant. Je ne parvenais pas à lire la pancarte mais devinais sans mal que c’était bel et bien ce que je recherchais, je poussais donc la lourde porte menant à une pièce étouffante d’où je pouvais accéder aux forges. La fumée n’aidant guère au repérage, je me dirigeais à l’aveuglette vers une silhouette au loin, d’ores et déjà penchée sur un ouvrage :


    « Excusez-moi ! criais-je pour me faire entendre, ce serait pour une réparation ! »
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MessageSujet: Re: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Dim 12 Juin 2011 - 21:27

    Un coup de marteau. Un énième coup de marteau qui raisonne dans cette fournaise miniature que formait l'atelier. Un petit boyau où tout au plus trois hommes auraient pu tenir en se serrant bien. Il y faisait une chaleur infernale : la pièce ne comptait pour seules aérations la maigre cheminée de pierre qui s'élançait vers les hauteurs par dessus le fourneau niché dans une alcôve au fond de la pièce, et une petite grille de fer qui communiquait à l'extérieur sans parvenir à rafraîchir l'atmosphère. On se serait cru dans une version miniature des profondeurs de l'enfer dont parles les prêtres.
    Un dernier coup de marteau, suivit d'un long et profond soupir, remontant de la gorge du jeune homme fatigué qui fixait le fruit de son travail d'un oeil critique.
    Eïron, empoignant la lame à la main en sachant par expérience qu'elle aurait eut le temps de refroidir suffisamment, la soupesa et examina son tranchant d'un regard qui se voulait le plus critique possible. Passable dirait Gaïl. Eïron jugeait cela suffisant pour venir armer les soldats du Palais.
    Le voilà qui s'éponge doucement le front, essoufflé et en sueur : il n'avait jamais travaillé autant en une seule journée. Son père adoptif avait vraiment choisis le meilleur moment pour se casser un bras, le moment où un membre de la famille royale lançait une commande aussi énorme que mal payée pour fournir de l'équipement aux soldats à la charge de la défense du Palais Royal. Si cet ordre n'avait pas été émis par un membre de la Famille, ils l'auraient sans doute décliner, trop penible, trop... intenable. Mais comment refuser aux dirigeants même de la cité ? Ils avaient donc finis par courber l'échine en jouant la carte de ceux qui se montrent honorés d'avoir une si noble requête sur les épaules.
    Et Eïron avait temporairement hérité de la forge.
    De toute la forge et du travail qui allait avec.

    Voilà donc une journée qu'il bataillait avec son marteau, son enclume, son soufflet et sa pelle, à forger des épées pour le palais. Au fur et à mesure il notait sa progression sur une ardoise pendue au mur et, à la fin de cette journée, grande fut sa déception de voir qu'il n'avait pas même accompli un dixième de la commande. Ce fut comme un coup de marteau asséné sur son moral : la commande devait être réglée pour la semaine suivante et à ce rythme il ne finirai pas à temps. Il faudrait donc faire quelques heures supplémentaires à moins de renoncer à offrir des lames de qualité pour se pencher sur une production à la chaîne. Quel solution prendre ? Le jeune apprenti n'en savait rien et finit par hausser les épaules.
    Il fit rouler ses épaules et esquissa un geste pour retirer son tablier et enfin aller se remplir l'estomac en sirotant un bon jus de pomme offert par le voisin d'en face. Il n'eut pourtant pas le loisir d'achever son geste car voilà une cliente qui arrive à travers la fumée, criant qu'elle avait besoin d'une réparation.

    La première envie d'Eïron fut de refuser et d'envoyer paître la nouvelle arrivante, ce qui n'était pas très... commercial disons. Il chassa pourtant bien vite cette idée et jeta un coup d'oeil vers le feu qui crépitait encore : il serait vite ravivé. Avec un peu de chance ça ne prendrait pas longtemps.
    Il se tourne donc doucement vers la nouvelle cliente qui perçait soudain la brume. Cheveux blonds pâles et attachés, grand yeux couleur feuille morte. Larges épaules mais corps maigre, trop maigre... la dureté de l'époque ? Allez savoir. A vrai dire Eïron n'y portait aucune importance. Il désirait simplement rendre service, il n'était plus à ça près, et se faire un peu d'argent de poche aussi sans doute : la commande comptait pour la famille, le travail supplémentaire était pour lui. Il doutait pourtant être payé : si la demoiselle avait de l'argent elle irait se refaire un ventre et non une arme. Bah qu'importe ?

    Il finit par l'accueillir chaleureusement, expliquant tout de même la situation. C'est à dire qu'il remplaçait pour quelques jours le forgeron habituel. Ensuite il demanda à observer l'arme qu'il devait réparer, un poignard tout à fait normal dont la lame s'était fendue. Elle n'était pas de très bonne qualité et après avoir soupesé le manche, Eïron le trouva plutôt lourd et peu adapté pour une femme. Il en tint donc compte et après quelques instants de silence il finit par l'expliquer à sa cliente sur un ton le plus professionnel possible. Il lui proposa une réparation immédiate pour une pièce d'or, expliquant qu'un forgeron normal lui en facturerait deux, ou avec une petite ristourne si elle était prête à attendre une dizaine de jours qu'il ait finis sa commande actuelle. En outre il lui proposa également un petit poignard qu'il avait forgé deux jours auparavant sous le regard attentif de Gaïl. La lame était plus fine et l'arme en général plus légère mais l'ensemble était de qualité un tantinet supérieur et surtout plus adapté à l'utilisation d'une femme. Il la lui proposa pour deux pièces d'or avant de s'adosser au mur à côté de son ardoise en dévisageant la demoiselle en souriant, attendant qu'elle prenne une décision.
    La plus avantageuse pour lui serait de lui vendre le poignard forgé deux jours plus tôt : il n'en avait de toute manière aucune utilité, l'ayant forgé à la demande de son père adoptif en charge de son apprentissage. Pourtant il pensait bien que cette jeune femme qui se tenait devant lui préférerait la démarche la moins coûteuse.
    Sauf si elle était pressée... ou si elle avait véritablement besoin de son poignard.
    Allez savoir.


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Elvyra Mantel
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MessageSujet: Re: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Mar 14 Juin 2011 - 17:40

    La chaleur insoutenable liée à la noirceur des fumées avaient tôt fait de m’étouffer et je peinais à garder un souffle régulier. J’avais plus l’habitude de la forte odeur des pipes que fumaient mes comparses des rues et de celle des alcools qu’à l’ambiance oppressante d’une forge mais qu’importe, je devais bien supporter cela afin de réparer ma lame. Le poignard de Gaël était bien la seule chose à laquelle je tenais réellement, outre ma vie évidemment. Je hélais une nouvelle fois la silhouette embrumée qui s’acharnait sur une pièce d’armure, espérant que je n’allais pas essuyer l’éternelle frustration de l’artisan dérangé en plein ouvrage. A ma grande surprise, c’est un jeune homme au sourire avenant qui m’accueillit. Et moi qui m’imaginais déjà le vieux forgeron chauve à moustaches ! Il devait être à peine plus âgé que moi, à moins que la suie, la sueur et la fumée ne soient suffisamment trompeuses pour masqué son âge véritable. Quoi qu’il en soit, il m’exposa rapidement l’état de la situation avec un tact et une rapidité qu’un politique aurait certainement envié : il n’était qu’un remplaçant et était prêt à me réparer mon arme pour une pièce d’or. Un prix abordable selon lui mais exorbitant pour moi qui n’avait pas une pièce de cuivre en poche et qui ne vivait que de petits larcins. Deuxième option : j’attendais environ dix jours qu’il finisse sa commande actuelle (visiblement crevante au vu de la quantité de métaux que je parvenais à discerner), mais cela m’obligeais à rester près de deux semaines sans lame… peu pratique voire dangereux vu le train de vie que je mène. Troisième solution : il envisageait de me refiler un poignard. J’observais ce dernier avec intérêt, remarquant sa finesse et sa maniabilité. Certes, l’arme était intéressante et bien plus pratique que la mienne mais je ne pouvais me séparer du cadeau de Gaël. Troisième choix exclu donc et inutile de songer à la première, à moins qu’il soit un minimum semblable à mes charmes pour que je puisse l’embobiner. Seule restait donc la solution numéro deux me semblait la plus probable et la moins risquée, surtout que le type avait l’air d’être un bon gars.

    « Je crois que je reviendrais dans dix jours. Merci beaucoup pour vos propositions. »

    Alors que je m’apprêtais à partir, j’avisais l’amas de métaux que j’avais déjà aperçu. Visiblement, le forgeron était en train d’accomplir un travail de titan quand je suis arrivé. Je reconnus un heaume, des cottes de mailles et autres ustensiles destinés au métier d’armes. Ce mec devait être l’un des premiers fournisseurs de l’Armée Royale pour produire autant de choses. J’ignorais ce qui pouvait pousser la garde à rechercher autant de créations, à moins qu’une guerre ne se prépare, ce dont je doutais fortement. A moins qu’elle n’ait décidé de faire une descente dans les bas-fonds d’Azura histoire de débarrasser la ville de ses brigands. Auquel cas j’aurais vraiment besoin d’une lame sûre !

    « Sans indiscrétion, pourquoi faîtes-vous autant d’armures ? »

    Je déployais toute ma – courte – connaissance diplomatique pour me montrer la plus courtoise possible, espérant que je ne froissais pas mon petit forgeron en l’empêchant de retourner au fourneau tout de suite…

    [C’est vraiment mauvais, excuse-moi ><]

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Eïron Firel
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MessageSujet: Re: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Mar 14 Juin 2011 - 21:57

(Aucun souci, t'inquiète Wink


    Avant de parler, Eïron avait déjà la gorge sèche. Désormais dans cette fournaise et après tant d'effort il se sentait presque capable de survivre en plein désert. N'empêche qu'il aurait donné cher pour un peu d'eau dans l'immédiat. On lui aurait tendu une cruche, il l'aurait vidé.
    Mais ça n'avait pas d'importance : le client était roi à ce qu'on disait et il pouvait bien attendre encore un peu, il n'était plus à quelques minutes près désormais. Il attendait donc, s'épongeant doucement le front avec un torchon qui traînait dans un coins et songeait doucement à une petite promenade dans la soirée pour oublier l'affreuse odeur du charbon qu'on incinère. Doucement il observait la demoiselle, plutôt jolie elle devait bien avoir déjà quelques prétendants et elle lui rappelait plus ou moins la compagne d'un de ses amis sans pour autant l'être. Si les femmes l'intéressaient il aurait pu essayer de forger une amitié ou plus encore au lieu de forger des armes, mais les femmes n'étaient pas dans ses préoccupations ou dans ses désirs. Aussi ça n'avait aucune importance.

    Restait à savoir ce qu'elle finirait par choisir dans ces trois propositions. Ainsi Eïron lui laissa le temps de réfléchir, jetant tout de même une poignée de charbon pour garder quelques flammes et éviter d'avoir à actionner le soufflet. Il attendit patiemment en observant son ardoise et en réfléchissant à un ordre de priorité qu'il finit par balayer.
    Et voilà que la cliente se décide enfin à laisser son poignard pour une dizaine de jours. Eïron en fut soulagé d'un certains côté : certes il y gagnait moins en or, mais il en gagnait en paisibilité : moins de commande, moins de stress.
    Il récupéra donc les restes du poignard en souriant avant de les déposer sur une table dans un coins de la pièce à côté d'un morceau de parchemin assorti du sceau de la Famille : c'était dans ce parchemin que cette dernière posait sa commande à cette forge. C'était cette lettre le malheur d'Eïron enfin... même si l'offre était mal payée elle permettrait tout de même à sa famille de tenir une bonne partie de l'hiver.

    La jeune femme demanda ensuite pourquoi il faisait autant d'armure, ce à quoi Eïron répondit en soupirant :

    - Commande du Palais, je me contente d'obéir et, à vrai dire, je n'ai aucune idée de la manière dont ils vont utiliser tout ça.

    Puis il se permit de s'étirer un peu avant de retirer son tablier qu'il accrocha au mur, souriant toujours et proposant de sortir un peu histoire de respirer du bon air : il en avait besoin.
    Il l'emmena donc à l'extérieur avant de s'affaler sur un banc en soupirant : de l'air, enfin de l'air !
    Il se redressa ensuite pour fixer sa cliente, sérieux retrouvé, il finit par expliquer :

    - D'un certains côté j'ai envie de dire que la manière dont le Palais utilisera cet équipement m'est complètement égal mais ce serait d'une certaine façon un mensonge. J'espère seulement que nous n'allons pas aux devants d'une guerre... mais peut-être s'agit-il simplement d'une chasse aux pirates ? J'ai entendu dire qu'ils s'acharnaient avec un certains zèle sur les côtes ces derniers temps : les vents leur sont favorables. Qu'en pensez vous... mademoiselle ?

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Dernière édition par Eïron Firel le Mar 9 Juil 2013 - 17:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Jeu 16 Juin 2011 - 19:10

    Le fait que je choisisse la seconde option semblait lui convenir, certainement parce que cela lui faisait du boulot en moins. A moins que ce ne soit le fait de ne plus m’avoir dans les pattes avant dix jours qui le satisfaisait tant, allez savoir. Néanmoins, je remarquais qu’il semblait autant souffrir de la chaleur que moi, il ne cessait de s’éponger le front avec un chiffon qui devait être passé par quatre générations de forgerons, essuyé plusieurs rhumes et pourquoi pas avoir soigné quelques blessures. Toutefois, avec ma veste de cuir usée et mes piètres affaires, je ne devais pas avoir meilleure allure. Je reportais mon attention sur le visage couvert de suie de mon interlocuteur, qui semblait dans d’assez bonnes dispositions pour répondre à mes questions :[/i]

    « Commande du Palais, je me contente d'obéir et, à vrai dire, je n'ai aucune idée de la manière dont ils vont utiliser tout ça. »

    Hum… si la famille royale exigeait tant de pièces d’armures, c’est qu’ils envisageaient une guerre quelconque, ou au moins une escarmouche sanglante. Malgré l’allure modeste de l’établissement du forgeron, ses travaux devaient être de suffisamment bonne facture pour que la Famille Royale lui ait donné une commande. Et il était possible que ce type ne soit pas le seul forgeron du coin à devoir accomplir une telle tâche. J’ignorais combien Azura comportait de forges, mais je devinais sans peine que cette histoire dépassait largement le simple cadre d’une demande anodine visant à renforcer les effectifs. Il nous fit sortir à l’air frais et je goutais avec délectation au léger vent qui me soufflait au visage et qui chassait les effluves de sueur et de soufre provenant de la forge. Il était temps !

    « D'un certains côté j'ai envie de dire que la manière dont le Palais utilisera cet équipement m'est complètement égal mais ce serait d'une certaine façon un mensonge. J'espère seulement que nous n'allons pas aux devants d'une guerre... mais peut-être s'agit-il simplement d'une chasse aux pirates ? J'ai entendu dire qu'ils s'acharnaient avec un certains zèle sur les côtes ces derniers temps : les vents leur sont favorables. Qu'en pensez-vous... mademoiselle ? »

    Ce que j’en pensais ? J’en pensais que cette histoire était bien trop grosse pour moi et que je préférais ne même pas savoir pourquoi les politiciens agissaient ainsi ! Une guerre rendrait la vie des bas-fonds encore plus insupportable et je n’avais plus la force de lutter contre les gros bras qui me cherchaient noise, sans oublier que l’idée de voir défiler des gardes dans les rues à la moindre incartade me hérissait d’ores et déjà le poil.

    « Pour être honnête, je ne préfère pas me mêler des magouilles politiques. La seule chose que j’espère, c’est que l’on ne nous demandera pas de vider nos bourses pour payer leurs batailles. Mais je ne pense pas que votre commande soit dans le seul et unique but de permettre aux soldats d’avoir une armure de rechange. Peut-être n’êtes-vous pas le seul forgeron à qui le Palais ait demandé une telle charge… »

    J’espérais qu’aucun garde n’était dans les parages en train d’entendre notre conversation. Après tout, ni mon vis-à-vis ni moi-même n’avions à nous poser des questions sur les intentions royales, cela dépassait peut-être notre entendement. On m’avait toujours apprit à rester le plus loin possible des politiques, des riches et des garçons trop séduisants, histoire de garder son intégrité physique et mentale intacte. Après tout, le monde ne semblait plus tourner vraiment rond…
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MessageSujet: Re: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Sam 9 Juil 2011 - 8:39

(désolé pour le temps d'attente... je profite d'une journée de répit (voir mes absences) pour répondre en espérant ne pas trop bacler ma réponse ^^")

    Un peu de bon air à respirer après une journée dans l'enfer calciné de la forge tournant à plein régime ! Eïron n'avait sans doute jamais autant apprécié l'odeur extérieure et la capacité de pouvoir respirer. Il restait un instant planté dans l'herbe à inspirer avec vigueur en étirant ses muscles endoloris par l'effort physique que son corps avait offert toute la journée durant. Enfin, décontracté, il se laissa tomber sur un banc de pierre qui traînait un brin bancal contre la façade de la modeste bâtisse qui lui servait de résidence. Une ancienne bâtisse fermière qui avait, selon les dires de Gaïl, été réaménagé en forge par feu mon arrière-arrière-arrière-grand-père et que, depuis ce temps là, elle était devenu l'objet principal de l'héritage, comme une relique jalousement gardée ou convoitée dans sa famille. On la disait la meilleure du secteur et sans doute de la ville, sans doute plus par vaine vanité que par souci de la réalité d'après Eïron.
    Enfin... elle en restait tout de même des plus confortable, les maintenant au frais en été et les préservant assez bien du froid en hiver du haut de ses deux étages. Imposante et impressionnante elle était pour l'apprenti forgeron comme un cocon protecteur et, à l'instar de la forêt, un bon endroit où s'enfermer, solitaire, quand les doutes assaillaient.

    Mais là n'est pas le sujet. Il se tourne doucement vers la demoiselle, attendant patiemment la réponse à ses questions en fixant le ciel qui prenait lentement la teinte de l'azur presque noir du jour presque achevé. Déjà la nuit ! Lui qui pensait finir un brin plus tôt pour aller effectuer quelques emplettes chez la vieille Sivane pour le déjeuner du lendemain, ça tombait à l'eau : elle dormait sans doute déjà.
    Et voilà que la cliente réponds avec honnêteté qu'elle préférait ne pas se mêler de la politique Azurienne, ce qui était aux yeux d'Eïron une bien sage décision à prendre : ce domaine là restait aux nobles ou du moins aux personnes influentes, pas aux gens du peuple qui n'y comprenaient la plupart du temps rien.
    Elle disait ensuite qu'elle espérait seulement qu'on ne demandera pas au peuple de vider ses bourses pour payer leurs batailles, ce à quoi Eïron acquiesça en repensant à l'impôt déjà conséquent prélevé pour maintenir l'effort de guerre contre les pirates. De toute manière ce n'était pas rentable pour le Palais d'en demander encore plus car cela entraînerait sans aucun doute la fureur du peuple, enfin...
    Elle laissait ensuite entendre que cette commande n'était sans doute pas dans le seul but de permettre aux soldats d'avoir des stocks de rechange et qu'il n'était peut-être pas le seul forgeron a avoir reçus une commande similaire, ce à quoi il haussa les épaules sans grande conviction.

    Il écoutait avec attention, ne pensant pas même à la possibilité qu'un garde traîne dans les parages en écoutant la conversation : il était tard et la basse-ville était loin d'être l'endroit où la sécurité se voulait la plus forte la nuit. Rares étaient les gardes qui osaient s'aventurer ici bas le soir.
    Léger soupir, après tout quelle importance ? C'était son métier, il était l'un des sujets du Palais... alors pourquoi discuter des ordres ? Les intentions du Palais n'étaient en rien discutable, il n'avait qu'à obéir même si l'idée que d'autres forges aient reçus pareils commandes lui faisait froid dans le dos.
    Lentement le jeune apprenti se laissa basculer en arrière, le dos contre la pierre, une jambe ramenée contre lui sans se soucier que cela puisse être mal vu par sa cliente. Il fixait l'horizon sans rien voir, pensif.

    - Mon p... mon instructeur m'a raconté que la dernière fois qu'il avait eut une commande pareille ç'avait été quelques jours après un incident majeur à Shinia et peu de temps avant une contre-attaque massive pour repousser des pirates et des brigands qui avaient pris Serea en siège. Il a cependant refusé de m'en dire plus.

    Eïron fermait doucement les yeux, cherchant en vain à se remémorer le peu d'informations qu'il avait réussis à tirer à son père adoptif. Rien d'intéressant ni d'utile malheureusement...
    Malgré tout il était curieux de savoir ce que le Palais comptait en faire de toute cette cargaison.
    Même si la vue du sang que ses armes risquaient de faire couler en ternissait un peu le désir.

    Relevant les yeux il se permit d'observer un peu plus en détail la demoiselle que la torpeur des forges l'avait empêcher de voir distinctement. Elle était mignonne en effet et plus jeune que lui. Pourtant elle ne semblait pas de fort haute extraction à la vue de ses vêtements de cuir usé et déchiré par endroit et par son visage couvert de suie. L'apprenti se demandait soudain bêtement si elle avait les moyens de payer la réparation de son poignard. Bah... dans le pire des cas il n'aurait qu'à le garder et le mettre en vente, il finirait bien par trouver un acheteur ou une acheteuse...
    Oui, il finirait bien par trouver.
    N'empêche qu'elle était mignonne. Prise en main avec de bons vêtements elle n'aurait sans doute aucun mal à trouver un mari si elle le désirait.
    Enfin... le ciel se teintait de bleu et il ferait bientôt nuit. Malgré l'intérêt de la situation Eïron savait que la discussion ne tarderait pas à s'achever : son interlocutrice avait sans doute d'autres choses à faire que de rester planter là et puis... les rues bercée par la nuit étaient loin d'être sûres. Même si d'une certaine manière elle semblait en avoir l'habitude, des rues...





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MessageSujet: Re: Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]   Sam 6 Aoû 2011 - 10:17

(Ne t'inquiètes pas, je suis dans le même cas xD)



    La nuit commençait déjà à tomber sur la ville. Des nuages sombres s’ammoncelaient, à peine tentés par la lueur sanglante d’un soleil désireux de se coucher et un vent frais annonçait déjà qu’il était temps de retrouver la chaleur d’un lit douillet et accueillant. J’ignorais complétement où passer la nuit et avec qui. Voilà des mois que je dormais seule et la compagnie masculine me manquait, sans oublier que c’était peut-être un moyen de me faire un peu d’argent, histoire de pouvoir payer le malheureux bonhomme d’ici dix jours. Il paraissait sympathique et, si j’avais rarement de remords à tromper les badauds du coin, je me voyais mal faire du tort à un commerçant qui s’était montré aussi accueillant avec moi. Je jetais un nouveau coup d’œil à mon forgeron, remarquant son air épuisé et la sueur qui courait encore sur ses bras et son front.

    « Mon p… mon instructeur m’a raconté que la dernière fois qu’il avait eut une commande pareille, ç’avait été quelques jours après un incident majeur à Shinia et peu de temps avant une contre-attaque massive pour repousser les pirates et des brigands qui avaient pris Serea en siège. Il a cependant refusé de m’en dire plus. »

    En voilà des nouvelles rassurantes ! Donc il était possible, et même probable, que cette commande soit déstinée à enrayer des révoltes venus de Shinia. D’après ce que j’avais entendu en trainant dans le coin, les types qui allaient là-bas revenaient encore pire que lors de leur arrivée. S’ils revenaient bien entendu. Et puis il y avait aussi toutes ces histoires avec les Pourpréens… des rumeurs de complots, de massacres et de trahisons. En gros, un énorme tourbillon de galère qui se dirigeait droit vers nous. Je sens que les prochains mois vont être une pure partie de plaisir.

    « J’espère que ça n’arrivera pas à nouveau. Surtout qu’il paraitrait que l’armée n’hésite pas à descendre dans les rues pour venir chercher les soldats qu’il lui manque. Maintenant que j’y pense, j’ai vu des amis à moi se faire enrôler la semaine dernière, on leur a promis de leur pardonner leurs incartades en échange à la condition qu’ils effectuent un service militaire… »

    J’ignorais bien comment l’armée pouvait transformer d’anciens voleurs en soldats accomplis et je ne désirais même pas le savoir. Ne serait-ce que l’idée de porter un uniforme me donnait des sueures froides, sans parler de de voir obéir aux ordres ! J’avais un rapport trop conflictuel avec l’autorité pour songer à devenir militaire…
    La nuit gagnait peu à peu du terrain sur le jour et la lune n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez. Autrement dit, c’était l’heure d’aller me chercher un toit où dormir et si possible une personne avec qui dormir. Je me tournais vers mon interlocuteur :


    « Il se fait tard, je crois que je vais devoir partir. Je reviendrais dans dix jours, merci encore pour votre aide. »

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Une lame bien aiguisée, s'il vous plaît ! [Eïron]
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